À un an de la prochaine élection présidentielle, les adolescents, pour qui Emmanuel Macron a été le seul président dont ils se souviennent, dressent le bilan de deux quinquennats, entre envie de changement et pointe de nostalgie.
« On a vraiment grandi avec lui ». En mai 2027, une époque s’achèvera pour Marion, 16 ans, et des millions d’adolescents qui auront vécu sous la présidence d’Emmanuel Macron, une période marquée par de nombreux bouleversements – des Gilets jaunes à la crise sanitaire. « Cela crée un lien », affirme un proche d’Emmanuel Macron, espérant voir naître chez les jeunes une forme de nostalgie. Un an avant la fin de son mandat, ces jeunes adultes portent un regard critique sur le bilan du président.
Lors d’une enquête, ces lycéens ont attribué des notes à Emmanuel Macron. Certains d’entre eux se montrent sévères : Flavie, 18 ans, de Bois-Colombes, par exemple, lui accorde un « 4/10 », tout comme Anna, 17 ans, de Villeneuve-sur-Verberie.
« Loin d’être parfait »
Les principaux reproches concernent notamment l’utilisation du 49.3 pour l’adoption de plusieurs textes, incluant la réforme des retraites de 2023. « Le peuple n’avait plus trop son mot à dire », regrette Anna, alors que Flavie trouve que son utilisation « répétée, ça devient abusif ».
Lino, 16 ans, attribue un « 3/10 » à Macron, pointant du doigt l’état de l’éducation. « J’ai une prof d’anglais absente depuis quatre mois, » déclare-t-il. En revanche, Alexandre, élève en première dans le Vaucluse, lui donne un « 7/10 », estimant qu’il a accompli un travail convenable, « même si ce n'était pas parfait ».
Le Covid, événement majeur de son passage
Concernant la gestion du Covid-19, les ados s’accordent à dire qu’il a bien réagi. « Qui suis-je pour juger ? », réfléchit Anna. Les confinements et les fermetures prolongées d’écoles demeurent pour eux des souvenirs marquants. « Nous nous ennuyions, » confie Marion. Gabriel, qui attribue un « 9/10 » à Macron, ajoute : « Même si ce n'était pas le meilleur moment, je pense que c'était une bonne décision ».
La phrase du président, « Nous sommes en guerre », prononcée lors de la pandémie, a particulièrement marqué Anna, qui se sentait alors proche de lui, grâce à ses interventions fréquentes.
« La France à Macron »
Ce lien se maintient-il aujourd’hui ? À l’Élysée, l’espoir demeure. Un proche évoque un « engouement véritable » chez certains jeunes, visible sur les réseaux sociaux. Un exemple marquant est le « For sure » lancé par Macron à Davos, devenant un meme populaire selon Gabriel.
Flavie reconnaît qu'« il a su divertir la jeunesse, c’est appréciable », notamment avec une vidéo en collaboration avec les Youtubeurs McFly et Carlito. Toutefois, aucun des jeunes n’a mentionné spontanément les initiatives présidentielles comme le Service national universel ou la volonté de réguler les réseaux sociaux.
Le président revient dans les discussions des adolescents à travers l’expression « la France à Macron », devenue virale. Par exemple : « On va au resto ? Dans la France à Macron ? Impossible. » Lino analyse : « On utilise cette expression pour parler de l'inflation », tandis qu’Anna y voit de l'ironie : « On rit de la situation dramatique comme le pouvoir d’achat ».
À peine plus que la moyenne
Ces jeunes estiment que le président n’est pas le seul responsable de la situation actuelle ; d’autres facteurs, comme les conflits internationaux, y contribuent également. Emmanuel Macron quittera donc l’Élysée avec une moyenne de 5,5/10. Si Marion et Gabriel prévoient un peu de nostalgie, Alexandre se concentre sur le « changement » à venir.
« Dix ans, c’est long quoi », soupire Anna, qui souhaite voir « ce que les autres présidents apporteront ». Lino, lui, déclare déjà : « Bon débarras ! » Flavie, elle, ne cache qu'un seul regret : « On ne pourra plus dire “la France à Macron” ».







