Des images satellites ont révélé une inquiétante nappe de pétrole couvrant plus de 50 kilomètres carrés dans le golfe Persique, près de l’île iranienne de Kharg, un point névralgique pour les exportations pétrolières iraniennes. Le constat, survenu après des jours de spéculations, laisse entrevoir plusieurs théories concernant l’origine de ce phénomène.
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La nappe détectée a atteint, mercredi dernier, une superficie de 52 km², équivalente à la moitié de Paris. Le port de Kharg, qui représente environ 90 % des exportations pétrolières de l’Iran, est la source principale de cette marée noire. Le pays, actuellement en proie à des sanctions sévères qui limitent ses échanges via le détroit d'Hormuz, continue de produire du pétrole, mais dans un contexte de pression extrême sur ses infrastructures, désormais vétustes. "Les puits de pétrole ne sont pas un robinet que l'on peut simplement ouvrir ou fermer sans conséquences," déclare Keyvan Hosseini, expert de l'université de Southampton.
Une fuite d'un bateau vieillissant ?
Les investigations soulèvent plusieurs hypothèses. Il se pourrait qu'une opération de délestage d'urgence ait eu lieu pour gérer un surplus de production, ou que de vieux navires utilisés pour le stockage aient subi une rupture. Selon certaines sources, une fuite d'un de ces porte-pétroles hors d’âge pourrait également être en cause. En outre, les scénarios de sabotage ou d'attaque hanteront l’imaginaire sans preuves concrètes. Nima Shokri, spécialiste en technologie environnementale à l’université technologique de Hambourg, avertit : "Une marée noire majeure est catastrophique pour les systèmes de dessalement, essentiels pour cette région reliant l'eau potable."
Actuellement, il semble que la source de cette profusion de pétrole se soit tarie, avec des images récentes indiquant une réduction de la nappe à 17 km², laissant planer une tension sur les impacts environnementaux à venir.







