Où sont donc passés les centaines de milliers de chiens qui peuplaient autrefois les fermes ? En Corée du Sud, cette question se pose plus que jamais, deux ans après l’adoption d’une loi prohibant la commercialisation de la viande canine. Historiquement considérée comme un plat traditionnel, surtout durant les chauds mois d'été, cette viande a vu son attrait diminuer au fur et à mesure que les jeunes générations commencent à voir les chiens comme de véritables compagnons de vie. En janvier 2004, le gouvernement a ainsi voté un texte interdisant les élevages de canidés, tout en apportant une aide financière aux professionnels concernés.
Des compensations allant jusqu’à 600.000 wons (environ 340 euros) par animal « libéré » avaient été promises. Toutefois, la traçabilité des animaux n’a jamais été exigée. « Nous ne pouvons pas savoir ce que sont devenus ces chiens », a déclaré, sous couvert d’anonymat, un inspecteur du ministère.
À partir de février 2027, la prohibition de la viande de chien deviendra définitive, avec de possibles peines de prison pour ceux qui ne respectent pas la loi. Face à cette menace, la cessation de l’élevage s’est opérée plus rapidement que prévu. Le ministère de l’Agriculture estime qu’environ 20.000 chiens subsistent désormais, alors qu'ils étaient entre 400.000 et 450.000 en 2024. En février dernier, seuls 623 chiens ont été adoptés et près de 500 envoyés en refuge, selon un député. La question reste donc : où sont passés tous les autres ? Yeong-bong, un ancien éleveur, n'hésite pas à affirmer qu'ils ont probablement « déjà été consommés ».
Plus de 80 % des élevages déjà fermés
Selon le ministère, 1.265 élevages de chiens, soit environ 82 %, avaient demandé à fermer leur activité en mai. Comme les chiens n'ont jamais été classés comme bétail, aucune réglementation n'a été mise en place pour garantir leur bien-être. Les militants animalistes rapportent des méthodes d'abattage cruelles, tels que l'électrocution ou le pendaison.
Les perspectives de l'élevage de chiens en Corée du Sud ont donc été bouleversées par cette législation. Alors que l'opinion publique évolue vers une plus grande empathie envers les animaux, des voix s'élèvent pour appeler à de meilleures pratiques concernant le traitement des animaux dans le pays. Dans un contexte de changements rapides et de tensions culturelles, il est vital de surveiller l'évolution de cette situation.







