"Nous avons vraiment la vérité sous les yeux" : depuis dimanche matin, une filecontinue de pèlerins se forme à Assise, en Ombrie, pour admirer les reliques de Saint François. Pour la première fois, les ossements du saint sont exposés au public jusqu'au 22 mars.
Dévorée par l’appel spirituel, la place devant la basilique Saint-François se remplit de familles, de couples et de personnes âgées attendant patiemment sous une grande tente blanche, après avoir franchi les contrôles de sécurité.
Environ 750 visiteurs sont admis toutes les demi-heures sur réservation gratuite, remplissant le site depuis 07H00 du matin. La basilique, face à une affluence sans précédent, anticipe 400.000 visites durant ce mois de célébration.
Nicoletta Benolli, 65 ans, exprime son émotion après avoir visité l'église : "C'est un événement unique que j’ai énormément apprécié", dit-elle sous le soleil hivernal. Les ossements du saint, exposés devant l'autel dans une vitrine en plexiglas, suscitent de puissantes réflexions et une proximité exceptionnelle.
"Avoir cette proximité avec les os, c'est rendre la chose très réelle", observe-t-elle. "Parfois, nous doutons, mais en ces instants, nous touchons la vérité".
Face aux reliques, des pèlerins font le signe de croix, certains s’agenouillent, d'autres laissent glisser leur chapelet, ému par la puissance de l'instant.
Il convient de rappeler que les ossements de Saint François n'ont été exposés que très rarement : une fois en 1978, lors d’un accès restreint.
"Se tenir près d’un tel symbole de sainteté transmet un message de foi puissant", raconte Nicola Orlandini, 35 ans, en visite avec sa compagne. L'expérience, bien qu’éphémère, est d'une intensité troublante.
Le corps de Saint François, fondateur de l’ordre franciscain, a été transféré dans la basilique en 1230. Ce n'est qu'en 1818, à l’issue de fouilles discrètes, que sa tombe a été redécouverte, généralement scellée en crypte.
Le frère franciscain Giulio Cesareo souligne que les restes de Saint François présentent des signes d’usure, non seulement dus à l'âge, mais aussi à sa vie de renoncements et de privations. "Il a énormément marché, dormi dans des grottes," précise-t-il.
Nicoletta résume l'essence du saint : "Il incarne des valeurs cruciales telles que l'humilité et la simplicité". Cette vision est aussi partagée par sœur Rosa Padhilete, qui exprime une "joie immense, inexplicable" en contemplant les reliques. "C'est comme si Saint François était vraiment vivant, cela ravive l'espérance en nous tous".







