De notre envoyé spécial à Marseille – Le Printemps marseillais, coalition de gauche dirigeant la mairie depuis 2020, est née d'une indignation face à la dégradation de l'habitat et des conditions scolaires dans plusieurs quartiers de la ville. Six ans après, cette équipe municipale met en lumière ses accomplissements dans une campagne qu'elle estime entravée par les discours nationaux. Reportage.
Casque de chantier sur la tête, Pierre-Marie Ganozzi, adjoint en charge de la rénovation des établissements scolaires, se déplace à travers les débris sur le site de l'école Abeilles, située en plein centre de Marseille. D'ici quelques mois, seules les façades extérieures resteront, l'intérieur étant entièrement repensé. Les rénovations visent à garantir confort, espaces adaptés aux différentes activités, normes environnementales strictes et accessibilité avec un ascenseur.
L'ancien enseignant, qui a lutté ardemment contre l'inaction de la précédente municipalité, exprime sa satisfaction quant à ses résultats : parmi les 188 écoles publiques en mauvais état, 27 ont été rénovées, 12 autres sont en cours de travaux, et 70 contrats de rénovation sont activement gérés. Selon la mairie, un total de 450 millions d'euros a été investi depuis six ans, soutenu par l'État, dans la mise à niveau des écoles de la ville.
« Nous avons engagé des sommes considérables, et nous en sommes fiers. C'est un engagement que nous avons pris, et nous le tenons. L'éducation et les enfants représentent l'avenir de Marseille, peu importe d'où ils viennent », déclare Pierre-Marie Ganozzi. Ce projet éducatif a rassemblé les socialistes, communistes, Verts et Insoumis durant leur campagne de 2020.
Dans certaines écoles, il pouvait pleuvoir à l'intérieur à cause de toits troués, des sanitaires étaient souvent bouchés et les fenêtres ne fermaient même plus. Le vice-président souligne l'importance de rétablir l'égalité dans chaque quartier de Marseille, en particulier dans les zones populaires du Nord.
À proximité du chantier, Ganozzi met en avant l'école primaire Baya, récemment rénovée, où il reçoit des remerciements de la part des parents. « Cela prouve que notre plan scolaire a eu un réel impact. »
Réhabiliter les quartiers populaires du centre-ville
Dans le quartier de Noailles, où l'insalubrité a longtemps sévi, la coalition présente également son bilan avec fierté. L'effondrement tragique de deux immeubles en 2018 a choqué la ville et soulevé des questions sur l'inaction des autorités face à l'habitat indigne.
Sophie Camard, l'élue responsable de ce secteur, évoque les efforts de la municipalité pour redresser la situation : création d'une société publique pour lutter contre l'habitat indigne, ainsi que l'obtention de 100 millions d'euros sur dix ans pour prévenir d'autres tragédies.
La maire souligne l'importance d'une approche non gentrificatrice, en préservant la mixité sociale des quartiers. Malgré les pressions politiques, elle s'engage à poursuivre les projets d'infrastructure pour maintenir la qualité de vie des résidents.
La campagne des municipales de 2026 se déroule dans un contexte tendu, où le Printemps marseillais, crédité de 30 à 35 % des intentions de vote, se retrouve en compétition avec le Rassemblement national, tandis que d'autres candidats pourraient émerger au second tour.
« Je suis scandalisée par le fait que notre débat municipal est écrasé par des préoccupations nationales », conclut Camard. La prochaine année s'annonce déterminante pour l'avenir de Marseille et la pérennité des avancées réalisées en matière d'éducation et d'urbanisme.







