Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, veut établir une négociation sociale sur l’intelligence artificielle afin de définir des priorités d’utilisation et des principes éthiques pour son intégration dans la fonction publique.
"Il est urgent d'agir", a déclaré David Amiel dans une interview avec La Tribune Dimanche le 5 avril. Le ministre propose d'ouvrir une "négociation sociale dans la fonction publique dédiée" à l'IA, visant à atteindre un accord d'ici à l'automne.
Face à ce qu'il décrit comme un "bouleversement du monde du travail", le ministre souligne que des organisations syndicales et des représentants des employeurs réclament un "dialogue social renforcé". Selon lui, cette initiative pourrait positionner la France comme un pays "pionnier" dans l'utilisation éthique de l'IA.
Définir des usages prioritaires
"Il s'agira notamment de définir des usages prioritaires de l’IA ainsi que d'établir des principes éthiques, de souveraineté, de formation et d'accompagnement", détaille David Amiel. L'objectif est de construire une "IA d’intérêt général" en collaboration avec "les agents publics, pour le service public", tout en évitant de céder aux intérêts américains ou chinois.
Le ministre veut rassurer sur le sujet de l’emploi : "Ce n’est pas le but de ce plan IA", qui vise à "libérer le personnel des tâches administratives pour favoriser les interactions humaines". Il cite une enquête achevée auprès de 2 000 agents dans neuf administrations et opérateurs, révélant que 80 % des répondants souhaitent un déploiement élargi des outils d’IA et 73 % évoquent une meilleure productivité.
Amiel met également en garde contre l'utilisation non encadrée de l’IA. Plus de la moitié des personnes interrogées recourent à des technologies comme ChatGPT en dehors des directives établies. "Le risque est de disposer d'une IA clandestine qui se développe" et qui menace la protection des données et notre indépendance, conclut-il.







