Saint-Denis : un vibrant appel à la lutte contre le racisme lancé par le maire Bally Bagayoko

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, appelle à un grand rassemblement contre le racisme.
Saint-Denis : un vibrant appel à la lutte contre le racisme lancé par le maire Bally Bagayoko
©Thomas SAMSON, AFP - Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s'exprime lors d'un conseil municipal, le 4 avril 2026 à Saint-Denis

Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, a suscité un débat national sur la discrimination raciale. Il organise un rassemblement conséquent contre le racisme, prévu ce samedi après-midi, devant l'Hôtel de Ville, un acte jugé inapproprié par le gouvernement.

Ce "grand rassemblement citoyen" se tiendra à 14h00 sur le parvis de la mairie de cette commune populaire, second plus grand hub de banlieue après Paris.

Le maire Insoumis, d'origine malienne, a annoncé la présence potentielle de "10.000 à 20.000 personnes", mobilisées face à une vague de haine à laquelle il fait face depuis son élection.

L'appel a rencontré un écho positif auprès de plusieurs syndicats et associations, ainsi que de figures politiques de gauche, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Marine Tondelier, ainsi qu'une délégation socialiste. La dynamique collective dépasse les clivages politiques, comme l'a souligné Bagayoko sur France Info : "La cause que nous défendons transcende les divergences politiques. Qui ne s'engage pas ici se rend coupable d'indifférence face à un combat essentiel contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie".

Concernant l'absence de la ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, Bagayoko a exprimé son étonnement : "S'il y a bien une ministre qui aurait dû être là, c'est bien elle". Néanmoins, il a reconnu qu'elle l'avait soutenu par téléphone.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a également répondu, rappelant que "la place d'un ministre n'est pas dans une manifestation citoyenne", tout en ajoutant que le gouvernement partageait pleinement cet engagement. Pour sa part, Bagayoko a critiqué le silence du président Macron sur cette question, affirmant que cela illustre son manque d'engagement contre le racisme.

Lors d'une réunion du conseil municipal, les élus d'opposition ont exprimé leur soutien face aux "attaques racistes répétées", comme l'a souligné l'écologiste Kader Chibane. Shems El Khalfaoui, un élu de gauche, a également rassuré sur la mobilisation face à l'extrême droite : "Nous saurons répondre présent". Elsa Marcel de Révolution permanente a, quant à elle, dénoncé une "déferlante raciste et négrophobe".

- Premier pas scrutés -

L'idée de ce rassemblement a émergé le 29 mars sur Instagram, en réponse à des propos controversés diffusés sur CNews. Ces derniers avaient tenté de comparer Bagayoko à "la famille des grands singes" et l'avaient accusé d'adopter une attitude de "mâle dominant".

CNews a nié fermement avoir diffusé des propos racistes, affirmant que ceux-ci avaient été "déformés" sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, un parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique" à la suite d'une plainte de l'élu, qui a également demandé la fermeture de cette chaîne. Le préfet a soutenu cette démarche à la demande du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié ces propos d'"ignobles", tandis que Bagayoko a exprimé que ces soutiens du gouvernement, bien qu'appréciables, étaient intervenus "relativement tard" dans le processus.

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