La contestation est palpable dans tout le pays. Ce lundi, divers barreaux s'unissent pour organiser une journée 'justice morte', coïncidant avec le début de l'examen du projet de loi sur la justice criminelle.
Intitulé Sanction utile, rapide et effective (SURE), ce texte, défendu par Gérald Darmanin, a pour ambition de désengorger les cours d'assises et de raccourcir les délais de jugement. Cependant, cette initiative suscite une forte réticence au sein du milieu judiciaire, en particulier à cause de l'introduction de la procédure de 'plaider-coupable criminel', qui semble menacer les droits fondamentaux des justiciables.
Des avocats mobilisés
Depuis plusieurs semaines, avocats et magistrats s'organisent pour manifester leur désapprobation face à ce projet de loi. Près de 130 des 164 barreaux ont déjà voté des grèves pour dénoncer les conséquences de SURE. En ce jour de mobilisation, particulièrement à Paris, il est prévu que "aucun avocat du barreau de Paris n'exerce". Me Romain Ruiz, avocat pénaliste, précise : "Nous demandons la suspension de toutes les audiences pénales pour que personne ne participe à l'œuvre de justice en signe de protestation." Par exemple, le procès très médiatisé Athanor sera suspendu.
Me Romain Ruiz souligne également : "Lorsque le bâtonnier a annoncé la grève générale, nous avons demandé la suspension des débats pour pouvoir aller manifester, ce qui a été accepté." Ce climat intensifie la solidarité au sein des avocats, illustré par la participation active du collectif 'Colère Noire'.
Le collectif a coordinateur ce mouvement de protestation va s'associer au Syndicat des avocats de France (SAF) et au syndicat de la magistrature pour dénoncer un "système judiciaire dégradé". Une grande réunion est prévue à 12 heures sur le parvis du tribunal judiciaire de Paris, puis une manifestation devant le Sénat à 13h30.
Le Conseil national des barreaux (CNB) a également pris part à cette mobilisation, exigeant l'abandon de ce projet législatif. La présidente du CNB, Me Julie Couturier, a exprimé l'urgence de la situation, déplorant que le ministre de la Justice exige des propositions à un moment où les délais sont trop serrés.
"Ce courrier arrive un peu tard. Il n'y aura pas de propositions à ce stade, car le calendrier parlementaire ne nous le permet pas," a-t-elle déclaré.
Mobilisations Passées
La montée de la contestation n'est pas récente. Des actions avaient déjà eu lieu auparavant, comme celle du 18 mars où des avocats et magistrats s'étaient rassemblés place Vendôme pour s'opposer à cette réforme. Le mouvement se renforce encore, avec des journées de 'justice morte' également prévues dans d'autres villes comme Saint-Nazaire, Aix-en-Provence, et Marseille.
Me Ruiz rappelle : "Nous agissons pour protéger les droits des justiciables, qu'ils soient victimes ou accusés, et aussi pour soutenir les magistrats. L'association 'Sauvons les assises!' appelle également le grand public à se mobiliser aujourd'hui pour contester ce projet de loi."







