Rima Hassan fait entendre sa voix. Placement en garde à vue jugé sans "nécessité", interrogations sur la religion et les valeurs républicaines, tensions avec les forces de l’ordre... Quinze jours après sa garde à vue, l’eurodéputée a décidé de saisir le 16 avril dernier le Défenseur des droits pour dénoncer des “manquements” de la part des policiers.
Visée par une investigation pour apologie du terrorisme ouverte le 27 mars, suite à des publications sur la plateforme X, Rima Hassan remet en question l’ampleur des moyens déployés : géolocalisation de son téléphone et traque de ses déplacements depuis le début de l’année. Son équipe, interrogée par Mediapart, dépeint ces investigations comme “totalement disproportionnées” et qui “portent atteinte à l’État de droit”.
“Compte tenu de la gravité des manquements potentiels, une enquête doit être menée rapidement”, a affirmé son avocat Vincent Brengarth à l’AFP. Lors de la garde à vue, des fuites dans la presse évoquaient une possible présence de drogues dans les affaires de Rima Hassan, mais l’enquête sur la détention de stupéfiants a été classée sans suite à la suite d'analyses négatives.
Son avocat dénonce également que les policiers aient désigné le scellé comme “3-MMC” “avant tout test en laboratoire”, une démarche qu'il qualifie “d'hâtive et injustifiée”.
LFI dénonce “un scandale d’État”
Ce jeudi, à l’Assemblée nationale, La France insoumise a qualifié de “scandale d’État” le possible traçage du téléphone de Rima Hassan. “Monsieur le ministre, pourquoi le téléphone de Madame Rima Hassan a-t-il été sous surveillance? Il n’est pas acceptable qu’une députée de la République française soit surveillée”, a mis en lumière le député LFI Antoine Léaument, s’adressant au ministre de l’Intérieur, Laurent Núñez.
Par ailleurs, le parquet a ouvert une autre procédure le 3 avril, cette fois pour “violation du secret de l’enquête”. Rima Hassan, s'appuyant sur un article du Canard Enchaîné, a également déposé plainte suite à des allégations selon lesquelles le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, aurait échangé des informations avec des journalistes durant son audition. Ces accusations ont été réfutées comme “mensongères” par l’intéressé lui-même, qui a par ailleurs porté plainte pour diffamation. En réponse, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé à l’Inspection générale de la justice d’enquêter sur ces fuites.







