Le président français, Emmanuel Macron, commence aujourd'hui un déplacement en Ariège axé sur la réindustrialisation et la santé, avant de poursuivre vers Andorre où le sujet de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sera central lors des discussions.
Macron inaugurera l'usine Occitanie Géotex, spécialisée dans la fabrication de géotextiles à partir de fibres végétales telles que le chanvre et la laine de la région. Cette initiative, qui débutera en fin d'année, illustre clairement les ambitions de réindustrialisation que le président a mises en avant depuis 2017, selon un communiqué de l'Élysée.
Lors d'une récente visite dans l'Allier, le chef de l'État a détaillé un plan ambitieux pour la réindustrialisation basé sur 150 projets stratégiques, prenant en exemple la rapide reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il se rendra ensuite à Lavelanet pour visiter le premier hôpital entièrement reconstruit dans le cadre du Ségur de la santé, une initiative visant à répondre à la problématique d’une densité médicale insuffisante en Occitanie.
Après ces engagements, Macron se dirigera vers Andorre-la-Vieille, où il restera jusqu'à mardi. En tant que co-prince d'Andorre, une responsabilité qu'il partage avec l'évêque d'Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, sa présence fait suite à une tradition établie par Charles de Gaulle. Ce n’est pas la première fois qu’il aborde le sujet de l'avortement, un problème délicat dans cette principauté qui reste l'un des rares États européens à interdire totalement l'IVG.
Récemment, le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, a exprimé des espoirs concernant la dépénalisation de l'IVG, tout en précisant que cette avancée ne signifierait pas sa légalisation. Ce sujet complexe nécessite des négociations avec le Vatican en raison de la structure unique de gouvernance d'Andorre.
Bien que l'avortement reste interdit, Espot a noté que cela ne doit pas être interprété comme un conservatisme de la société andorrane, mais plutôt comme un défi inhérent à la fonction de co-prince. Macron devrait alors aborder ce sujet transparent lors de ses interventions avec les autorités d'Andorre, comme l'affirme l'Élysée.
La France, en tant que premier pays à avoir inscrit le droit à l'avortement dans sa Constitution en 2024, a fait de cette question un sujet majeur. Emmanuel Macron, qui a toujours défendu le droit des femmes, est donc attendu sur ce terrain durant son séjour. Un autre thème principal de la visite sera l'accord d'association avec l'Union européenne, qui doit encore être validé par référendum.
Macron incitera Andorre à approuver cet accord, dans un cadre où la principauté est reconnue pour sa fiscalité avantageuse mais a pris des mesures pour quitter la liste des paradis fiscaux. En outre, le président prévoit d'aborder des questions écologiques, notamment lors d'une visite à une centrale hydroélectrique où EDF projette d'investir.
Le président français visitera également des établissements scolaires, dont une école andorrane et le lycée français Comte de Foix, ainsi que le sanctuaire de Meritxell, tout en recevant la Croix des Sept bras, la plus haute distinction de la principauté.







