Bally Bagayoko, maire d'extrême gauche de Saint-Denis, a récemment enlevé le portrait d'Emmanuel Macron de sa mairie, affirmant que la République ne parvient pas à corriger les inégalités. Interrogé par Darius Rochebin sur LCI, il a précisé que ce geste est un symbole de son attente pour une "gauche de rupture" et pour un nouveau président, qu'il espère être Jean-Luc Mélenchon.
Lors de l'entretien, Rochebin a demandé où se trouvait le portrait. Bally Bagayoko a répondu qu'il était "dans un coin, retourné, en attendant" un changement dans la direction politique. Cette action a été mal perçue par le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, qui dans une lettre a insisté sur la nécessité de suivre les traditions républicaines, bien qu'il ait reconnu que ce n'est pas une obligation légale.
Bagayoko maintient sa position, déclarant que le portrait restera décroché jusqu'à ce que l'État remplisse ses obligations envers la population de Saint-Denis. "Le portrait restera en place tant que les inégalités persistent et que les droits des habitants ne sont pas respectés", a-t-il affirmé.
La question se pose alors : doit-on forcer un maire à accrocher un portrait présidentiel ? La République n'est-elle pas aussi faite de libertés individuelles ? En 2023, une initiative législative cherchant à rendre l'accrochage du portrait obligatoire au sein des mairies a été abandonnée au Sénat.
Cette décision controversée de Bally Bagayoko soulève des opinions divergentes. Certains la considèrent comme un acte de défi, d'autres comme une expression légitime d'un mécontentement envers la République. Elisabeth Lévy, journaliste à Causeur, rappelle que "la courtoisie républicaine est fondamentale", en citant des exemples où d'autres maires, même avec des divergences politiques, respectent cet usage.
Daryus Rochebin n'a pas manqué de souligner l'importance de rassembler les citoyens autour des institutions, comme l'indiquent le préfet et d'autres figures politiques. Robert Ménard, maire de Béziers et souvent associé à la droite, a déclaré qu'il accrocherait le portrait du président, même si Jean-Luc Mélenchon était élu.
En conclusion, le maire de Saint-Denis semble vouloir créer un nouveau paradigme politique, mais cela risque de renforcer un sentiment d'isolement parmi ses habitants. Au lieu de promouvoir un message d'action et d'égalité, il pourrait inciter à la victimisation collective.







