L'ex-Premier ministre Édouard Philippe fait l'objet d'une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion dans la ville du Havre, où il exerce toujours ses fonctions de maire. Le Parquet national financier (PNF) a annoncé que ces accusations font l'objet d'une instruction judiciaire, attisant l'intérêt médiatique autour de cette affaire.
Ces allégations ont été portées à la connaissance du PNF par une lanceuse d'alerte en septembre 2023. Suite à cette dénonciation, une enquête a été ouverte, accompagnée de perquisitions effectuées en avril 2024. La plaignante, qui était directrice générale adjointe à la communauté urbaine, a déposé une plainte en juin 2025, se constituant partie civile. Bien que Philippe ait systématiquement démenti ces accusations, son avocat, Emmanuel Marsigny, n'a pas souhaité commenter la situation lorsqu'il a été contacté par l'AFP.
La plainte vise également Stéphanie de Bazelaire, actuellement adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services au sein du Havre Seine Métropole. Ces personnes auraient eu un rôle direct dans les événements maintenant remis en question.
Des enjeux financiers importants
Les doutes portent en particulier sur une convention signée en juillet 2020 pour l'animation de la Cité numérique du Havre. Cette convention a été établie entre Édouard Philippe, en tant que président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, à l'époque présidente bénévole de l'association LH French Tech. Cette organisation, désignée pour gérer cette mission, a été la seule candidate à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020. Au titre de cette convention, 2,154 millions d’euros devaient être versés comme compensation de service public pour financer divers projets.
Les accusations de conflit d'intérêts dans cette situation ont été jugées « absolument évidentes » par la lanceuse d'alerte, qui a souligné que Philippe et sa collaboratrice auraient eu un accès direct à des fonds considérables pour des activités susceptibles d'être liées à leurs fonctions municipales. Ces allégations, si avérées, pourraient sérieusement compromettre la réputation et la carrière politique d'Édouard Philippe, déjà engagé dans une compétition politique pour les futures élections.







