En plein Festival de Cannes, une controverse éclate autour de la tribune "Zapper Bolloré", signée par près de 600 membres de l'industrie cinématographique française. Ce mouvement a pour objectif de dénoncer la domination croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma national, un phénomène exacerbé par sa volonté d'acquérir les parts restantes d'UGC d'ici 2028, comme l'indique Libération.
Les signataires, comprenant des producteurs, des réalisateurs et des acteurs comme Juliette Binoche et Vimala Pons, pointent du doigt une montée de l'extrême droite dans le secteur, perçue comme directement associée à Bolloré, actionnaire majeur de Canal+, le plus grand financeur du cinéma français.
La réponse musclée de Canal+
Face à cette tribune, Maxime Saada, le patron de Canal+, a annoncé un boycott immédiat des signataires. "J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes de Canal qui s'engagent à défendre l'indépendance de notre chaîne", a-t-il affirmé dans Libération. En effet, Canal+ s'est engagé à investir jusqu'à 170 millions d'euros par an dans le cinéma français d'ici 2027, une baisse par rapport aux 220 millions précédemment alloués.
Saada a une vision claire : "Nous soutenons tous les cinémas et toute la diversité". Pourtant, ses mots suscitent des préoccupations, notamment au sein du CNC, où son président, Gaëtan Bruel, a exprimé son désaccord avec cette décision. Sur France Inter, il a affirmé que "la liberté d'expression est une pierre angulaire" et a rappelé que Canal+ a toujours soutenu les créateurs.
Des répercussions politiques
Cette controverse a également des répercussions dans le paysage politique, avec à l'approche des élections de 2027. Des personnalités de gauche comme Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, ont critiqué la réaction de Saada, affirmant que "l'extrême droite n'a jamais aimé la liberté ni la création".
Certains soutiennent néanmoins Saada et sa position. Le député Renaissance Sylvain Maillard a défendu le rôle de Canal+ : "Je n'ai jamais entendu Canal+ accusé de manquer de diversité dans sa production". Il a appelé les signataires à se concentrer sur leur art plutôt que de s'impliquer dans des luttes politiques.
Le débat autour de la tribune "Zapper Bolloré" révèle une fracture au sein du paysage cinématographique français, où l'indépendance artistique se heurte aux enjeux économiques et politiques. Cette dynamique promet de nourrir de nombreuses discussions pendant et après le festival.







