Deux mois après les élections municipales, le tribunal administratif de Poitiers a examiné, ce mardi 19 mai 2026, le recours d'un candidat battu par une seule voix à Saint-Varent, demandant l'organisation d'un nouveau scrutin.
À Saint-Varent, les élections municipales se sont jouées à une voix. Pierre Rambault, le maire sortant, a été réélu le 15 mars 2026, recueillant 574 votes contre 573 pour son ancien premier adjoint, Dimitri Gouget. Avec une participation de 64,75 %, cet écart minime a incité Gouget à déposer, trois jours plus tard, un recours auprès du tribunal administratif de Poitiers pour contester le scrutin.
Le 19 mai, la situation a été examinée par la juridiction. Le rapporteur public a évoqué plusieurs irrégularités soulevées par le requérant, justifiant selon lui un retour aux urnes. Parmi celles-ci, deux inaugurations menées par le maire avant le premier tour ont été mentionnées : celle d'un totem de la Paix financé par le Rotary club de Thouars le 28 février, et celle d'une salle de convivialité du stade de football le 7 mars, dédiée à Laurent Chansault, une figure du club, décédée en 2018.
Inaugurations controversées : graves accusations de manipulation
Présent à l'audience, Dimitri Gouget a dénoncé « des manœuvres répétées » et « des règles détournées » de la majorité sortante durant la campagne. Selon lui, l'inauguration du totem n'était pas nécessaire, et celle de la salle de convivialité a été réalisée sans urgences officielles.
Pierre Rambault, également présent, a rétorqué : « Il n’y avait aucune volonté de ma part de faire de la propagande électorale ». La situation s'est envenimée avec des accusations selon lesquelles une procuration d'un résident de l'Ehpad n'aurait pas été traitée à temps. Goüget a déclaré : « Des témoins étaient présents et un gendarme a reconnu l'erreur », ce qui soutient sa décision de contester la légitimité du scrutin.
Dimitri Gouget, candidat battu, a affirmé : « Cela a clairement altéré la sincérité du scrutin et privé les électeurs d’une égalité parfaite, qui aurait modifié l’issue de l’élection. »
Une décision à venir : le tribunal se prononce en juin
Le rapporteur public a pourtant recommandé de rejeter le recours, précisant que les inaugurations n'étaient pas de la responsabilité de la municipalité, et que les procès-verbaux des bureaux de vote n'indiquaient aucune entrave au vote due à la problématique des procurations. « Aucune preuve n'étaye que la sincérité du scrutin ait été faussée », a-t-il affirmé.
La décision finale du tribunal sera rendue d’ici début juin 2026.







