La décision a été saluée comme un acte de justice. "Des voix longtemps étouffées retrouvent leurs terres", a déclaré Catherine Morin-Desailly lors de la session. Ces restes humains, issus des peuples kali’nas et arawaks, doivent recevoir les funérailles dignes qu’ils méritent en Guyane après avoir été exhibés dans des conditions dégradantes au Jardin d’Acclimatation à Paris en 1892.
En raison du principe d'inaliénabilité des collections publiques, le rapatriement a longtemps été bloqué. Des lois récentes n'avaient prévu des dérogations que pour les demandes d'États étrangers. Cette nouvelle législation de "d’espèce" proposée par les sénateurs est donc une première pour le territoire national.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a aussi souligné l'importance d'élaborer une loi-cadre pour faciliter d'autres restitutions à l'avenir. Cette initiative fait écho aux appels croissants pour une prise de conscience des injustices historiques qui ont accompagné la constitution des collections des musées.
Cinquante-six ans après la fin de l'affaire, la reconnaissance des souffrances des peuples autochtones permet un premier pas vers la réconciliation. "Il ne s'agit pas seulement de restes humains, mais de dignité et de mémoire retrouvées", a ajouté Catherine Morin-Desailly.
Le texte doit maintenant être approuvé par l'Assemblée nationale, marquant ainsi une étape cruciale pour ces restitutions tant attendues.







