Dans le contexte tragique de l'affaire Lyhanna, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe a plaidé pour un retour aux « instructions individuelles » du ministre de la Justice, remettant ainsi en question la loi de 2013. Lors d'un entretien avec Le Parisien, il a souligné que le parquet devait fonctionner sous l'autorité du garde des Sceaux, tout en apportant son soutien à la politique menée par le ministre Gérald Darmanin.
Philippe a insisté sur le fait que « la justice doit être capable de répondre aux enjeux de notre société », appelant à des mesures pour améliorer la protection des enfants. Il a également proposé qu'à chaque plainte déposée, une évaluation soit faite pour déterminer s'il faut mettre en place des mesures de protection pour les victimes potentielles.
Cette suggestion de réinstaurer les instructions individuelles viserait à éviter toute ingérence politique dans le sérieux des affaires en cours. Philippe a précisé : « Chaque dossier mérite une attention particulière et doit être géré sans interférence extérieure. » Cette initiative pourrait également redonner du pouvoir aux magistrats dans leur mission.
La critique de la justice a été exacerbée par les révélations autour de la mort de Lyhanna, 11 ans, un drame qui a mis en lumière des défaillances dans le traitement des plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs. L'affaire a suscité un débat national sur la responsabilité de l'État et de ses institutions.
Vers une Imprescriptibilité des Crimes sur Mineurs
Édouard Philippe a aussi exprimé son soutien à l'imprescriptibilité des crimes liés aux mineurs, à l'instar du ministre Gabriel Attal. Selon lui, il est essentiel d'augmenter les moyens alloués à la justice, tant dans les ressources que dans les formations, pour mieux lutter contre les crimes sexuels. Il a proposé d'introduire un système où les parents pourraient vérifier les antécédents judiciaires des adultes en contact avec leurs enfants, semblable à la loi britannique de « Sarah’s Law », qui a été instaurée suite à un drame similaire.
Protection des enfants : L'Éducation comme Priorité
Philippe a conclu en affirmant que la réponse pénale doit être accompagnée de mesures éducatives. « Nous devons éduquer les enfants et former les adultes qui les entourent », a-t-il déclaré. La nécessité d'une approche holistique en matière de protection de l'enfance a été mise en avant dans ce débat passionné, rappelant que la prévention est tout aussi cruciale que la répression.







