“Drones, cellules de crise et une vue renforcée sur le terrain.” C'est ainsi que le titre du Sunday Times résume la situation tendue en Afrique du Sud à l'approche de la manifestation prévue. Le mouvement, nommé March and March, a également fixé cette date comme un ultimatum pour les étrangers, intensifiant les inquiétudes liées à une mobilisation violente envers les non-nationaux.

Les ressortissants de plusieurs pays, notamment le Ghana, le Nigeria, le Mozambique et le Malawi, tentent de rapatrier leurs concitoyens. À Durban, plus de 11 000 Malawites, fuyant des violences, s'entassent sur un parking dans l'attente d'une évacuation orchestrée par les autorités, comme le rapporte Daily Maverick.

Préparations d'urgence

Les préparatifs pour la journée de manifestation dévoilent à quel point la situation est inquiétante. March and March appelle à manifester contre les migrants en liant la présence étrangère à la montée de la criminalité et à la perte d'emplois des Sud-Africains. Des événements tragiques, comme le meurtre d'un Malawite le 19 juin à Pietermaritzburg, accentuent la peur et symbolisent un climat de haine croissant, rapportent News 24.

Le gouvernement, pour sa part, a déployé près de 10 000 policiers en plus de drones et d'hélicoptères pour tenter d'assurer la sécurité. “Cette fois, nous sommes prêts,” précise un responsable au Sunday Times, en faisant écho aux émeutes de 2021 qui avaient déjà causé d'importantes violences à travers le pays.

Les souvenirs des émeutes de juillet 2021, qui avaient causé 350 morts suite à l'arrestation de l'ancien président Jacob Zuma, planent au-dessus des événements à venir.

Le centre d'accueil provisoire à Durban, où des milliers de migrants malawites attendent le rapatriement.PHOTO IHSAAN HAFFEJEE/ANADOLU/AFP

D'après le Sunday Times, les analystes des services de renseignement redoutent des violences potentielles dans les zones sensibles, avec des contrôles ciblant des étrangers dans les jours à venir.

Les ombres du passé

Ce n'est pas la première fois que l'Afrique du Sud fait face à des vagues de xénophobie. Les événements de 2008, au cours desquels plus de soixante personnes avaient perdu la vie, restent gravés dans les mémoires. Le chômage rampant et des services publics en déliquescence alimentent un climat de peur et de méfiance croissant, marquant la situation actuelle.

“Les récents événements pourraient-ils précipiter une nouvelle montée de violences comparables à celle de 2008 ?”, s'interroge Defence Web.

“Des groupes d'autodéfense s'organisent déjà pour attaquer des migrants, exacerbant encore plus les tensions,” souligne ce site, mentionnant que malgré l'appel pacifique du mouvement, ceux qui sont perçus comme immigrés ne sont pas à l'abri de la colère populaire.