Après une période de tensions diplomatiques prolongées, le Mali et l'Algérie ont surpris par un accord de réconciliation, effectif immédiatement, permettant la réouverture de leurs espaces aériens. La situation sécuritaire dégradée au nord du Mali a poussé Bamako à renouer des relations avec Alger, comme l'analyse Afrik.com.
En février 2026, Bamako avait qualifié de “fake news” les rumeurs concernant le retour de son ambassadeur à Alger. Cinq mois plus tard, cet événement devient officiel, reflétant la détérioration de la situation dans le pays. Le 10 juillet, le gouvernement a annoncé le retour de son ambassadeur et la réouverture de son espace aérien, en réponse à une initiative similaire de l'Algérie.
Ce retournement s'explique en partie par les offensives conjointes du Front de libération de l'Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim). Selon les experts, cette alliance surprenante entre anciens rivaux met en lumière la fragilité de l'autorité à Bamako, qui fait face à une menace croissante au nord.
Un contexte de pression militaire
La pression sur le Mali s’est intensifiée, notamment avec une série d'attaques récentes à Gao et dans d'autres localités stratégiques. Le 4 juillet, des événements tragiques ont frappé, entraînant la mort de plusieurs militaires malien, y compris le ministre de la Défense, Sadio Camara.
Ce climat de crise a conduit à une dynamique où le rapprochement avec Alger apparaît comme une nécessité. Le pays partage près de 1 400 kilomètres de frontières avec le Mali, une région où transite une insécurité chronique dominée par des groupes armés.
Courrier International souligne que l'Algérie, en tant que principal médiateur dans le dossier malien depuis l'accord de paix de 2015, a un rôle clé à jouer. La dernière dégradation des relations, marquée par la destruction d'un drone malien, a été un catalyseur pour cette réconciliation.
Bamako inscrit son retour dans un processus régional
Le Mali, en renouant avec l'Algérie, souhaite également aligner sa politique étrangère sur celle de ses voisins, le Niger et le Burkina Faso, qui ont déjà retrouvé le chemin d’un partenariat constructif avec Alger. Les experts perçoivent cette évolution comme un signe de solidarité politique au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Ce retour à la diplomatie pourrait renforcer la capacité du Mali à faire face à la menace sécuritaire qui le guette. L'Algérie, avec son expérience préalable des défis malien, pourrait offrir une aide précieuse à Bamako.
En somme, la rapidité avec laquelle le Mali et l'Algérie ont acté leur réconciliation reflète la nécessité urgente d'une coopération renforcée face à des menaces que les deux pays ne peuvent ignorer. La réouverture des canaux de communication pourrait bien abaissser les tensions et favoriser un climat de sécurité dans cette région troublée.







