Lors d'un meeting ce dimanche à Avignon, Raphaël Arnault, député de La France insoumise, a suscité une vive controverse en appelant ses partisans à arracher les affiches électorales du Rassemblement national (RN) alors que les élections municipales approchent. Cette déclaration, loin d'être anodine, représente une infraction pénale, punissable par une amende pouvant atteindre 450 euros.
Ce nouvel incident s’ajoute à la liste des polémiques qui entachent la campagne de LFI pour les municipales de 2026. Après les propos de Jean-Luc Mélenchon évoquant le concept de « grand remplacement », Arnault a lui aussi attiré l'attention en déclarant, en toute franchise à ses militants : « On a un RN qui est fort, qui est violent. Ils ont l’habitude de coller leurs affiches partout. »
Les mots d'Arnault, qui a déjà été condamné pour violences en réunion, soulèvent des questions légitimes sur son engagement envers la loi. Lors du rassemblement, il a précisé : « Il n’y a pas une affiche du Front national dans cette ville. On n’accepte pas une affiche. C’est la seule chose qui doit nous animer tout le temps. » Avec ces déclarations, il a provoqué l'enthousiasme de ses partisans, qui ont applaudi son appel à défendre les principes antifascistes.
Les réactions à cette déclaration n’ont pas tardé. Matthieu Valet, eurodéputé RN, a réagi sur la plateforme X en soulignant l’illégalité de l’attitude de Raphaël Arnault : « Devant Mathilde Panot, Raphaël Arnault appelle à arracher les affiches et les tracts du RN. Rappel : arracher des affiches électorales est une infraction pénale. » Cette accusation d'incitation à la désobéissance civile soulève des interrogations sur le rôle d'un député dans un environnement démocratique.
Les experts politiques mettent en garde contre de telles stratégies militantes. Selon une analyse d'Mediapart, un militantisme basé sur l'agression des symboles d'opposition peut se retourner contre ceux qui prétendent défendre la démocratie. Un sociologue a même déclaré : « Dans une démocratie, le débat doit primer sur l'éradication symbolique de l'opposition. » Ce discours engagé d'Arnault pourrait ainsi avoir des conséquences imprévisibles sur le climat politique en France.
Dans ce contexte, l'indignation autour des déclarations d'Arnault illustre bien les tensions croissantes entre les différents partis politiques alors que le pays se prépare pour les prochaines élections municipales. La manière dont cette controverse sera gérée par LFI pourrait impacter négativement l'image du parti auprès d'un électorat qui espère une approche plus constructive des enjeux sociopolitiques.







