Ce jeudi, l'Assemblée nationale, sous les yeux de la mère d'Amine Kessaci, a voté à l'unanimité un texte visant à renforcer la protection des lanceurs d'alerte contre le narcotrafic. Ce vote, qui se déroule durant la journée annuellement réservée aux écologistes, a pour but d'envoyer un message fort aux trafiquants. La proposition de loi, portée par la députée Amine Kessaci, a été adoptée malgré l'opposition du gouvernement.
Ce texte novateur propose d'élargir le cadre de protection déjà existant pour les victimes, témoins et repentis, en incluant également les personnes non engagées dans des procédures judiciaires. « Nous devons offrir un soutien à ceux qui osent dénoncer les crimes », a affirmé la députée Regol lors de l'examen du texte. Les mesures envisagées vont de l’inscription sur une liste de contacts prioritaires à la possibilité d'une protection physique.
Adoption soutenue par la gauche
Voté avec le soutien des voix de gauche, le texte a suscité des réserves au sein de l'assemblée. Bien que l'idée de protéger davantage les lanceurs d'alerte soit largement partagée, plusieurs députés, dont ceux de l'opposition, ont exprimé leurs doutes quant à l'efficacité des mesures proposées. « L'intention est louable, mais le texte risque d'affaiblir les dispositifs actuels », a prévenu Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur.
Lors de son intervention, Nuñez a souligné qu'il apportait son soutien à Ouassila Benhamdi Kessaci, dont le fils a été victime d'un meurtre tragique, probablement lié à la lutte contre le narcotrafic.
Une lutte contre la criminalité nécessaire
Ouassila Kessaci a fait part de sa détresse après le vote : « Nous devons dire stop à la criminalité », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé les menaces dont son fils a été victime, déplorant le manque de protection qu'elle et sa famille ont subi. Plusieurs élus, comme Michaël Taverne (RN), critiquent cependant le groupe écologiste, l'accusant de vouloir se donner bonne conscience à travers cette initiative.
La loi pourrait donc représenter un tournant dans la manière dont la France aborde le narcotrafic, mais reste sujette à des débats passionnés sur son efficacité.







