Au tournant des années 2000, des scientifiques ont mis en lumière une mutation génétique, réputée pour provoquer un accroissement excessif de la masse musculaire. Le site sportif The Athletic a examiné les impacts de cette anomalie, qui se révèle être une bénédiction pour certains et une malédiction pour d'autres.
Harry Aikines-Aryeetey, ancien athlète anglais de sprint, a toujours été admiré pour sa musculature impressionnante. Cela a éveillé la curiosité du médecin de l’équipe nationale, qui lui a fait passer un test sanguin avant de lui poser une question surprenante : “Avez-vous déjà entendu parler du déficit en myostatine ?” Ce gène, affectant la production de la myostatine, est souvent désigné sous le nom de “gène d'Hercule”, entraînant un développement musculaire conséquent, comme le rapporte The Athletic.
Découverte en 1997 par le biologiste sud-coréen Se-Jin Lee, cette mutation a été révélée grâce à des expériences sur des souris, certaines d’entre elles ayant développé des muscles anormalement volumineux sans une protéine cruciale, la myostatine. Ces observations ont été cruciales pour comprendre le fonctionnement des muscles et de leur développement.
Des muscles trop gros pour les os
En 2003, Se-Jin Lee a été contacté par un pédiatre allemand, rapportant le cas frappant d'un jeune garçon capable de soulever des poids dès l'âge de deux ans. Cette situation a posé la première pierre à la documentation scientifique des mutations génétiques affectant la myostatine. “Le cas de ce garçon prouve que certains peuvent ne pas produire cette protéine,” confie Lee à The Athletic.
Bien que la situation d'Aikines-Aryeetey n’ait pas été formellement publiée, Lee estime qu’il existe sûrement d'autres individus présentant cette mutation. “Nous ne sommes pas incités médicalement à tester ces individus, ce qui complique le suivi,” explique-t-il.
Les mutations liées au déficit en myostatine confèrent à certains athlètes des capacités physiques impressionnantes, mais ces bénéfices s'accompagnent de risques. Aikines-Aryeetey rappelle : “Mes muscles se développent à un rythme plus rapide que celui de mon squelette, ce qui peut devenir un inconvénient.” Il a subi plusieurs blessures tendineuses en raison de la disproportion entre sa force musculaire et son ossature.
Ce phénomène soulève des questions éthiques et médicales dans le milieu sportif. Alors que certains considèrent ces super-athlètes comme des pionniers, d'autres, comme des experts en médecine sportive, mettent en avant les dangers potentiels d'une telle mutation. “La force musculaire ne devrait pas être synonyme de vulnérabilité,” conclut Aikines-Aryeetey, rappelant la dualité de ce don exceptionnel qui peut, paradoxalement, mener à des complications inattendues.







