Benoît Payan face au RN : Marseille se redéfinit

Payan appelle à affronter le RN seul, division à gauche et espoir de rassemblement.
Benoît Payan face au RN : Marseille se redéfinit
©JOEL SAGET, MIGUEL MEDINA, AFP - De gauche à droite montage photo du 15 mars 2026 des candidats à la mairie de Marseille Benoît Payan (coalition de gauche), Franck Allisio (RN), Martine Vassal (LR) et Sébastien D

Dans un contexte politique chargé, le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, s’élance seul vers le second tour des élections face à une montée alarmante du Rassemblement National (RN) dans la cité phocéenne. « Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il déclaré, rappelant le danger que représente la présence du RN à Marseille.

Dès lundi matin, avec confiance, Payan a officialisé sa candidature en préfecture, s’entourant de ses colistiers pour afficher une détermination sans faille. S’opposant à toute forme de compromis, il a insisté sur la nécessité d’une « union claire et solide » pour éviter une victoire du RN, qui s’approche dangereusement avec 35,02% des voix contre son 36,70%.

Loin de faire l’unanimité, cette position a été qualifiée d'« irresponsable » par La France Insoumise (LFI), qui se maintient en quatrième position avec seulement 11,94% des suffrages. Le leader de ce mouvement, Jean-Luc Mélenchon, n’a pas hésité à critiquer Payan sur les réseaux sociaux, qualifiant sa stratégie d’audacieuse mais préoccupante.

Lundi soir, une foule d’environ 500 personnes s’est rassemblée devant l’Hôtel de ville, appelant à une « unité à gauche ». Myriam Quatrini, enseignante-chercheuse, a exprimé son ressenti : « Je suis dégoûtée par l'attitude de Payan. Si on veut lutter contre le FN, il faut une vraie politique de gauche. »

Du côté de la droite, Martine Vassal a pris la parole après un long silence, faisant part de son souhait de représenter ses courants malgré un score décevant de 12,41%. Franck Allisio, de son côté, a souligné la fragilité de la position de Vassal et critiqué son manque de courage.

La participation aux urnes à Marseille a été étonnamment faible, avec un taux de seulement 52,17%, que beaucoup jugent révélateur d’un climat d’incertitude. Les électeurs semblent divisés sur l’avenir de leur ville, entre espoir d’un changement avec le RN et crainte d’un basculement.

Sandra Dahan, commerçante de 53 ans, a exprimé son désir d’un retour à la sécurité : « On espère vraiment qu’Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens puissent se promener sans risque. » Pendant ce temps, Béatrice Paul, 62 ans, a indiqué qu'elle pensait que le RN pourrait passer au second tour, une inquiétude palpable parmi les Marseillais.

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