Ce jeudi 2 avril 2026 souligne la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, une occasion de mettre en avant les familles souvent négligées par le système. À Avignon, Eugénie Bourdeau élève seule sa fille Lucile Notin-Bourdeau, âgée de 23 ans, diagnostiquée autiste à 4 ans. Malgré les défis, leur quotidien est un vrai testament d'amour.
"Ce n'était pas de ma faute"
À mon arrivée, Lucile est la première à ouvrir la porte, mais se dirige rapidement dans sa chambre. "Il y a des jours où elle est moins disponible émotionnellement", confie Eugénie, consciente des aléas de cette réalité.
Le diagnostic faisait du bien à Eugénie. "Cela a été un soulagement énorme. Pendant quatre ans, j'avais face à moi une enfant dont j'avais du mal à saisir les besoins. Et égoïstement, cela m'a rassurée, car je réalisais que ce n'était pas de ma faute." Ce moment de compréhension a ouvert de nouvelles portes pour leur relation.
L'école ne voulait plus de Lucile
La vie de Lucile a été jalonnée de défis, notamment celui d'être déscolarisée à 6 ans. "J'ai été convoquée pour une réunion où, à ma grande surprise, on m'a annoncé que ma fille ne retournerait pas à l'école. J'ignorais totalement que cela était permis!" La défaite éducative a offensé Eugénie : "Privée d'éducation, on disait à Lucile qu'elle n'avait pas besoin d'apprendre. C'était profondément injuste."
Cette injustice ne freina pas le talent artistique de Lucile. Malheureusement méconnue par le système, ses dessins, exposés dans toute la France, ont permis à sa mère de prouver au monde qu'elle avait toute sa place. "Mon cœur débordait de fierté. Lucile a besoin d'être entendue, même si sa voix est différente!", souligne Eugénie.
Des crises régulières
Le quotidien de Lucile est encore difficile. "Elle vit des crises d'anxiété sévères. Sa compréhension du monde est différente et nécessite des repères très clairs", explique Eugénie. Chaque petit détail a un impact énorme sur son bien-être.
Positiver pour avancer
Élever Lucile en tant que mère célibataire a été un chemin semé d'embûches, mais Eugénie garde espoir. "Malgré les défis, je choisis de relativiser. Chaque jour est une nouvelle expérience. Quand je partirai, je fais confiance à la vie pour elle." Cet amour inconditionnel pousse Eugénie à voir le beau au milieu des difficultés.
Lucile sera présente au festival "Des Corps et des Âmes" les 17 et 18 avril 2026 à Châteauneuf-de-Gadagne, où un film sur sa vie, réalisé par sa mère, sera projeté. Sa voix ne doit plus rester dans l'ombre.







