Le ministre de l'Intérieur a récemment annoncé une réorganisation significative des services de sécurité, plaçant la police judiciaire au cœur de la lutte contre la criminalité organisée. Cette initiative vise à structurer les efforts pour combattre des réseaux de plus en plus complexes, se servant de technologies avancées comme les messageries cryptées et la cybercriminalité.
Lors de sa visite à Marseille, en date du 9 avril, Laurent Nuñez s'est adressé aux responsables de la police marseillaise pour présenter cette nouvelle approche. Selon le ministre, une circulaire a été transmise aux services, précisant comment la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) sera désormais la coordinatrice de la lutte contre la criminalité organisée. Il a souligné l'importance de cette réorganisation en termes de coordination et d'adaptabilité : « Nous devons mieux articuler les différents services, échanger des informations de manière efficace et projeter des analyses criminelles éclairées pour améliorer notre lutte commune. »
La DNPJ à la manœuvre
Cette tâche colossale prend appui sur des données alarmantes fournies par Annabelle Vandendriessche, cheffe du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco). Elle a révélé que la criminalité organisée se manifeste sous plusieurs formes, du narcotrafic aux escroqueries complexes, en passant par le trafic de substances variées : « Le trafic de tabac, d'or, de déchets, ainsi que les crypto-monnaies, sont tous des secteurs en pleine expansion. »
Les groupes criminels actuels, forts de ressources substantielles, développent des outils adaptés à leurs activités illicites. Les messageries cryptées comme Sky ECC et d'autres noms tels qu'Exclu et EncroChat témoignent de leur capacité à sécuriser leurs communications et à échapper à la détection.
Des organisations toujours plus puissantes
La digitalisation de la criminalité a également permis à ces réseaux de se doter de centres d'appel pour gérer efficacement les livraisons de drogue et d'autres activités criminelles. De plus, des exemples récents démontrent une coopération inédite entre diverses organisations. En octobre 2025, la Fédération française de tir (FFTir) a subi une cyberattaque qui a exposé les données personnelles de ses membres, illustrant à quel point ces réseaux peuvent infiltrer d'autres secteurs pour atteindre leurs objectifs.
Cette coopération entre criminels, soutenue par une « hygiène numérique » rigoureuse, complique encore la tâche des forces de l'ordre. Selon Vandendriessche, certains groupes comme la DZ Mafia ont diversifié leurs activités, recourant à la sous-traitance pour générer des revenus tout en représentant une menace croissante. Le risque de corruption, quant à lui, demeure un fléau lourd de conséquences tant pour les institutions que pour le secteur privé, comme l'ingérence récente dans la justice marseillaise a pu l'illustrer.
La situation à Marseille, où la DZ mafia et ses succursales continuent d'évoluer, souligne l'urgence d'une réponse coordonnée et innovante pour relever ces défis croissants dans la lutte contre la criminalité organisée.







