L'insecticide « Sniper 1000 », dont la vente est prohibée en France depuis 2013, s'avère responsable de quatre décès récents, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cette dernière a révélé, dans un bulletin publié le 13 avril, un « important trafic » de ce produit, principalement en Île-de-France. En seulement trois ans, 351 cas d'intoxication ont été signalés, en grande partie liés à des ventes illégales sur internet et sur les marchés.
Utilisé jadis pour éliminer des insectes dans divers environnements, le « Sniper 1000 » contient du dichlorvos, une substance active reconnue pour sa toxicité élevée. L'Anses avertit que cette substance est rigoureusement interdite en raison des risques qu'elle présente pour la santé humaine.
Près de 206 cas d'intoxication avaient déjà été rapportés par les Centres antipoison entre 2018 et juin 2023. Ces intoxications peuvent provoquer des symptômes graves, allant de troubles respiratoires à des complications neurologiques, et dans des cas extrêmes, jusqu'au décès. L’Anses précise que sur les 351 intoxications récentes, six sur dix concernaient des femmes et que bien que la majorité des cas fussent bénins, certains s'avéraient mortels.
Un trafic en pleine expansion
Le « Sniper 1000 » continue d'être largement distribué, souvent de manière illégale, dans les quartiers populaires et dans des zones de forte densité urbaine. Environ 70% des intoxications ont eu lieu en Île-de-France, avec une part inquiétante des cas se rapportant à la Seine-Saint-Denis, où le produit est fréquemment acheté sur les marchés.
Les autorités sanitaires pointent également du doigt l'expansion de ce trafic au-delà de Paris, avec des cas recensés à Marseille, Lyon, et dans certaines régions d'Outre-Mer. Les experts attirent l'attention sur la nécessité de ne pas utiliser ce type de produits non réglementés et conseillent d'engager des professionnels certifiés en cas d'infestation persistante.
« Les punaises de lit, devenues résistantes à la plupart des insecticides disponibles, nécessitent une approche professionnelle pour un traitement efficace », soutiennent les responsables de l’Anses, insistant sur le fait que des solutions régulées existent pour protéger la santé publique.







