Le blocus des ports iraniens, annoncé par les États-Unis après l'échec de négociations avec l'Iran, doit entrer en vigueur ce lundi 13 avril, entraînant une hausse significative des prix du pétrole.
Donald Trump cherche à redresser la situation. Il a déclaré qu'un blocus serait imposé au détroit d'Ormuz, après que les pourparlers à Islamabad pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient aient échoué. Tous les navires de nationalité étrangère entrant ou sortant des zones portuaires iraniennes seront bloqués à partir de 16 heures ce jour-là, d'après les déclarations du président.
Bien que Trump n'ait pas donné de détails sur l'opération, il a affirmé que le Royaume-Uni et d’autres nations enverraient des dragueurs de mines. Dana Stroul, experte au Washington Institute for Near East Policy, souligne que cette mission pourrait être difficile à réaliser et pas soutenable sur le long terme, comme rapporté par The Guardian.
Asphyxier l'économie de l'Iran
La question se pose : pourquoi instaurer un blocus sur une voie déjà sous contrôle iranien ? Le détroit d'Ormuz, qui représente un cinquième des échanges mondiaux de pétrole et de gaz, est déjà paralysé depuis le début du conflit. Cette voie marquée par des tensions était au cœur des discussions et l'une des conditions des récentes négociations de cessez-le-feu.
Des informations fournies par The Guardian indiquent que la réouverture du détroit d'Ormuz a constitué un point de blocage dans les pourparlers de paix, car Téhéran insiste pour garder le contrôle sur cette route maritime tout en imposant des droits de passage pouvant atteindre 2 millions de dollars par navire, ce que les Américains refusent.
Avec cette décision, Trump a pour objectif de plomber les finances iraniennes en restreignant leur capacité à exporter du pétrole, malgré le fait que l'Iran a réussi à maintenir des exports, atteignant en moyenne 1,85 million de barils par jour, selon la société d'analyse Kpler.
Cependant, experts et analystes ne croient pas qu’un blocus suffira à contraindre l'Iran. Comme l’a déclaré Danny Citrinowicz de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv, la résistance iranienne pourrait même se renforcer.
Le paradoxe du blocus
Cette stratégie présente de nombreux risques pour Trump, qui pourrait voir une escalade militaire découlant de cette décision. Le commandant de la marine iranienne a jugé les menaces américaines comme "ridicules", tandis que les Gardiens de la Révolution promettent de répondre par des attaques.
En plus des complications militaires, le blocus pourrait également provoquer des augmentations immédiates des prix du pétrole, influencées par l'ampleur de cette action et la réponse de Téhéran. Kevin Book, directeur de la recherche chez ClearView Energy Partners, indique que des représailles iraniennes possibles pourraient aggraver la pression sur les prix.
Les marchés ont déjà réagi à cette annonce, entraînant une hausse des prix du pétrole qui a franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril, établissant une incertitude supplémentaire sur le marché mondial.
La stratégie de Trump est critiquée non seulement aux États-Unis, mais également à l'international. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a exprimé son désaccord avec cette approche, tout comme la ministre espagnole de la Défense, qui a décrié une mesure dénuée de sens, qualifiant cet épisode de dérive inquiétante.







