Le maire Rassemblement National (RN) de Perpignan, Louis Aliot, a été élu, ce samedi, à la présidence de la communauté urbaine, qui avec ses 278.000 habitants, se classe désormais parmi les plus importantes administrées par le parti d'extrême droite en France.
Dans son discours préalable au vote, M. Aliot a souligné : "Je n'ai pas l'ambition de constituer un exécutif partisan. Mon objectif est d’établir une gouvernance inclusive qui place Perpignan au centre des préoccupations". Il a remporté l'élection dès le premier tour avec une majorité impressionnante de 60 voix sur 79 exprimées.
"Ma démarche vise à redonner à Perpignan le rôle qu'elle mérite, en tant que locomotive du développement territorial", a-t-il ajouté. Il a également garanti que toutes les communes seront représentées dans les instances de l'intercommunalité.
Sa principale concurrente, Edith Pugnet, maire communiste de Cabestany, a plaidé pour une intercommunalité responsive, capable d'agir efficacement dans divers domaines tels que la voirie, le logement et la propreté, tout en préservant l'humain et le service public.
- "Attractivité économique" -
M. Aliot a exprimé à l'AFP son souhait de renforcer les liaisons de transport en commun et d'accroître l'attractivité économique de la région pour attirer de nouvelles entreprises.
Le président sortant, Robert Vila, ex-LR, ne s'est pas représenté, constatant des convergences entre ses soutiens et ceux de M. Aliot, qu'il considère engagés pour l’intérêt général.
En 2020, alors qu'il venait d’être élu maire, M. Aliot n’avait pas réussi à réunir les voix nécessaires, laissant ainsi le siège à M. Vila. Cette fois-ci, il a pris soin de tisser des liens avec ses potentiels alliés.
Dans un esprit de collaboration, il a évité de poser des candidats RN dans certaines communes, y compris à Saint-Estève et à Canet-en-Roussillon, favorisant ainsi l'harmonie avec les maires locaux.
Peu après son élection, M. Loda a été nommé premier vice-président, tandis que M. Vila a obtenu le poste de deuxième vice-président de l’agglomération.
- "Absence de projet" -
La victoire de M. Aliot s'ajoute à celle d'Alexandra Masson, la maire RN de Menton, qui a récemment pris la tête de la communauté de la Riviera française. À Nice, grâce à l'appui du RN, Éric Ciotti a également raflé la Métropole Nice Côte d'Azur.
Suite à l'élection, Bruno Nougayrède, représentant de la droite, a commenté qu'il n'y avait "rien de nouveau sous le soleil" à Perpignan, critiquant un simple renouvellement de postes sans vision claire pour l'avenir. "On retourne à une situation où les mêmes problèmes persistent", a-t-il déclaré à l'AFP.
Pour le sociologue Dominique Sistach, co-auteur d'un ouvrage sur la question, un défi majeur se pose : "La droite des Pyrénées-Orientales va-t-elle réussir à survivre face à la montée du RN ?", tandis que la région souffre d'un taux de pauvreté alarmant, atteignant 23,4% en 2021, selon l'Insee.







