Laurent Mora, professeur des universités et directeur adjoint de l'IUT de Gradignan, consacrant dix ans à la recherche sur la performance énergétique des bâtiments, a exploré différentes initiatives visant à réduire l'impact environnemental des constructions. Il souligne qu'il est vital d’examiner non seulement les matériaux choisis, mais également leur cycle de vie complet.
Traditionnellement, l'Homme a utilisé des matériaux tels que la pierre, le bois et la terre,_assets qui demeurent présents dans les constructions anciennes. Tout matériau de construction naît d'une matière première qui subit plusieurs transformations. Certaines sont renouvelables, d'autres non, et il est essentiel de gérer ces ressources de manière responsable.
La révolution industrielle a chamboulé la filière du bâtiment. Elle a introduit des procédés rapides pour transformer ces ressources naturelles, réduisant ainsi les coûts et permettant une plus grande standardisation des matériaux. Les transports se sont également enrichis, facilitant l’acheminement des matériaux sur de longues distances.
Il est crucial de comprendre la notion de pollution, englobant plus que les seules émissions de gaz à effet de serre. Chaque étape de la vie d’un matériau doit être scrutée, desde sa fabrication jusqu'à son élimination, en prenant en compte son impact sur l'environnement. La fabrication peut nécessiter de lourdes ressources énergétiques et en eau, tandis que la fin de vie du matériau présente des défis de revalorisation.
"Les matériaux de demain doivent être des alliés dans notre combat contre le changement climatique".
Les normes de durabilité ont évolué, et l’approche contemporaine du bâtiment englobe désormais des considérations écologiques plus larges. Au Sommet de la Terre à Rio en 1992, la durabilité a été définie non seulement comme économique, mais également comme socialement équitable et écologiquement soutenable, et cela reste pertinent aujourd'hui.
Laurent Mora argue que, pour rendre les matériaux utilisés aujourd'hui durables, l'accent doit être mis sur la réutilisation et la valorisation, poussant les professionnels à examiner plus intensément les matériaux déjà en place plutôt que d'en démolir pour en construire de nouveaux. Ce changement de paradigme représente un défi, car le coût de cette approche peut se révéler supérieur à une démolition classique.
En matière de matériaux prometteurs, la terre crue émerge comme une option idéale. Elle fait l'objet de recherches actives pour développer des solutions de construction moins énergivores. De plus, les matériaux biosourcés, comme le chanvre et la paille, bien connus pour leur capacité à absorber le CO2, prennent de l'ampleur dans le secteur.
Alors que la filière du bâtiment transitionne vers des modèles plus durables, il y a une urgence à renouveler les méthodes de construction qui favoriseront la réduction des déchets et l'utilisation intelligente des ressources.







