Le port de Saint-Tropez, destination prisée des propriétaires de yachts de luxe, est au cœur d'une affaire de corruption. Dix individus, directement impliqués dans l'attribution des emplacements de ce port emblématique, seront jugés le 23 novembre, comme l’a annoncé le procureur de Draguignan, Pierre Couttenier.
Ce « système de corruption », qui aurait conduit à la perception de pots-de-vin pour réserver les meilleurs emplacements, a été mis au jour suite à une plainte d'un ancien agent portuaire. Ce dernier avait déclaré à RMC que ses collègues réclamaient entre 1.000 et 15.000 euros en espèces, en plus d'un tarif officiel pouvant atteindre 5.000 euros par nuit. Les enquêtes ont révélé que les sommes perçues pourraient atteindre 2 millions d’euros, dont 856.000 euros ont déjà été saisis.
Démarches de la mairie pour assainir la gestion du port
Suite à ces révélations, la mairie a exprimé son engagement à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires. Elle a pris des mesures internes significatives, dont le départ négocié de six agents suspects parmi une quarantaine de personnel, le lancement d'un audit permanent et l'établissement d'un contrôle de gestion renforcé. Benoît Ravix, directeur général des services de la mairie, a déclaré : « On a fait une petite révolution sur le port. Nous sommes victimes d'un préjudice d'image important. »
Avec plus de 730 anneaux disponibles, Saint-Tropez fait face à une forte demande, notamment pour les trente emplacements réservés aux yachts. Malgré des efforts pour limiter les escales à trois jours afin d'optimiser la rotation, la municipalité est souvent confrontée à une liste d'attente de 50 à 90 bateaux par créneau. Cette situation accentue la pression sur les petites structures de gestion du port, déjà soumises à une concurrence acharnée.







