Le 5 mai, à Stavanger, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a révélé l'ouverture de nouvelles zones maritimes à l'exploration pétrolière, accompagnée de la réactivation de trois anciens champs gaziers. Ce projet, justifié par la nécessité de renforcer la sécurité énergétique en Europe, suscite pourtant de vives critiques de la part des écologistes et des partis d'opposition.
« Nous proposons 70 blocs à exploiter pour les compagnies pétrolières, qui devront soumettre leurs offres avant le 1er septembre », a déclaré Støre. La réouverture des champs gaziers Albuskjell, Vest Ekofisk et Tommeliten Gamma, fermés depuis trois décennies, doit permettre d’exploiter de nouvelles technologies, comme le souligne Dagens Naeringsliv.
Pour le gouvernement, cette initiative est essentielle pour préserver des emplois en Norvège, garantir le système de protection sociale et contribuer à la sécurité énergétique du continent européen, comme l’a déclaré Støre dans un entretien avec Aftenposten.
Des inquiétudes sans précédent
Ce plan intervient dans un contexte d'instabilité marquée sur les marchés énergétiques, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, signalent des analystes de Dagens Naeringsliv. En conséquence, les opposants à ces projets, incluant des partis politiques et des ONG, expriment de profondes préoccupations concernant l'ouverture à la prospection de zones proches des côtes, tant dans le sud-ouest que dans les eaux arctiques.
Lars Haltbrekken, député du Parti socialiste de gauche, a déclaré : « C'est une folie », pointant du doigt que des experts ont conseillé au gouvernement de ne pas avancer sur ces projets, comme rapporté par Aftenposten.
Les profondeurs de la mer de Barents
Environ 38 des 70 blocs se trouvent en mer de Barents, une région arctique préalablement épargnée en raison de la vulnérabilité environnementale et des conditions d'extraction jugées inadaptées. Les réserves épuisées dans des zones plus simples d’accès rendent pourtant cet espace attrayant pour les exploitants. Cependant, l'Agence norvégienne de l'environnement avait déjà soulevé des inquiétudes concernant l'extraction d'hydrocarbures à proximité des côtes.
Terje Aasland, ministre de l'Énergie, a garanti que les préoccupations environnementales seraient toujours prises en considération. Pour lui, la transition énergétique doit être « progressive et gérable », et la Norvège ne peut ignorer les besoins futurs en hydrocarbures pour éviter une crise soudainement brutale dans ce secteur.
Cependant, les critiques, notamment du Parti du progrès, jugent que le gouvernement agit avec trop de prudence face à une crise énergétique mondiale jugée sans précédent. « Nous avançons à la vitesse d'un escargot », a déclaré Kristoffer Sivertsen, député, lors d'un entretien avec NRK.







