Le coup d'envoi des festivités a été donné ce mardi soir avec la 75e édition du festival de Cannes, qui s'étendra sur dix jours de compétition. Vingt-deux films se disputent la prestigieuse Palme d'or, succédant à "Un simple accident" de Jafar Panahi, primé l'année précédente.
Le jury, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, a pour ambition de récompenser des œuvres qui auront un impact durable, comme il l'a souligné dans une déclaration à l'AFP. Le jury, qui inclut également l'actrice américaine Demi Moore et la réalisatrice chinoise Chloé Zhao, se concentrera sur les mérites des films, sans se laisser influencer par des considérations de genre ou d'idéologie politique.
Thierry Frémaux, le délégué général du festival, a également évoqué lors d'une conférence de presse la nécessité d'une séparation entre art et politique. Alors que le festival de Berlin avait récemment été entaché par des polémiques concernant le soutien à des causes politiques, Frémaux a insisté sur le fait que le festival de Cannes doit rester fidèle à son rôle culturel, en soulignant l'importance du modèle culturel français.
Une des moments forts de la soirée d'ouverture sera la remise d'une Palme d'or d'honneur au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, connu pour sa trilogie "Le Seigneur des Anneaux", laquelle a redéfini le paysage cinématographique d'Hollywood. "Il a transformé le cinéma d'Hollywood et sa conception du spectacle à tout jamais", a déclaré Frémaux en hommage à l'impact indélébile de Jackson sur le secteur.
Pour célébrer ce moment, les chanteuses françaises Theodora et Oklou interpréteront une chanson des Beatles, une des nombreuses références à l'affection de Jackson pour le groupe. Le film d'ouverture, "La Vénus électrique" réalisé par Pierre Salvadori, met en avant les talents français Pio Marmaï et Anaïs Demoustier.
La programmation des films a suscité des réactions, notamment un malaise au sein du collectif féministe 50/50 en raison de la représentation limitée des réalisatrices, qui ne comptent que cinq films sur les 22 en compétition. Si Thierry Frémaux a écarté l'idée d'une politique de quotas, il a affirmé que le festival respecte la parité dans les jurys, même si l'équilibre reste à atteindre dans la sélection officielle, qui affiche maintenant 34% de réalisatrices, contre 25% en 2025.
À la veille de l'ouverture, 600 professionnels du cinéma ont signé une tribune dans Libération, dénonçant l'influence montante de l'extrême droite dans le milieu cinématographique, particulièrement via le milliardaire Vincent Bolloré. Les signataires, qui incluent des figures telles que Juliette Binoche et Swann Arlaud, mettent en lumière les implications d'un accord entre Canal+ et UGC, qui pourrait avoir des conséquences sérieuses sur l'indépendance du cinéma français.
Les projections débuteront mercredi avec le film "Quelques jours à Nagi" du nippon Koji Fukada dans la compétition officielle. Ce sera suivi par "La vie d'une femme" de Charline Bourgeois-Tacquet, centrée sur une chirurgienne dont la vie est bouleversée par une rencontre inattendue. En dehors de la compétition, un film polémique intitulé "L'Abandon", relatant les derniers jours du professeur Samuel Paty, sera également projeté, impliquant directement sa sœur, Mickaëlle Paty, dans l'écriture du scénario.







