Deux représentants de la CGT au Grand Port maritime de Marseille ont été condamnés à douze mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour avoir détourné plus de 260 000 euros alloués au comité d’entreprise entre 2014 et 2018. Le tribunal correctionnel a jugé ces syndicalistes coupables d'abus de confiance, les sanctionnant également d'une amende de 5 000 euros et 3 000 euros respectivement.
La CGT a réagi par un communiqué, exprimant sa colère et son incompréhension face à ce jugement qu'elle considère comme une « instruction à charge ». L’avocat des deux syndicalistes, Philippe Vouland, a indiqué à l'agence AFP qu'un appel serait déposé. Ainsi, pour l’instant, Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, n'est pas considéré comme inéligible.
Cette condamnation découle d'un rapport de la Cour des comptes, qui a alerté la justice. Les fonds détournés, destinés à des prestations culturelles et sociales, auraient été utilisés à des fins personnelles et syndicales. Selon le jugement, les deux hommes ont commis ces détournements de manière concertée, portant atteinte à la confiance des salariés envers leurs représentants.
Des dépenses controversées
Parmi les abus constatés, des frais pour des dîners dans des restaurants, des achats d'équipements électroniques, ainsi que des dépenses nocturnes dans des bars parisiens. Henri Labi, avocat du syndicat Spicpam, a dénoncé un système organisé et a salué le courage du parquet pour avoir engagé des poursuites, malgré les risques politiques.
« La balle est maintenant dans le camp de la direction du port », a-t-il souligné, questionnant leur volonté de transparence et d'actions post-jugement.







