La préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de renouveler son arrêté concernant la fermeture nocturne des épiceries dans seize secteurs de Marseille. Cette mesure, qui s'étendra du 1er juin au 15 septembre 2026, a pour objectif de combattre la vente de produits prohibés et les troubles à l'ordre public.
La ville, déjà impactée par des restrictions répétées, voit pour la septième fois son arrêté reconduit. Les zones concernées incluent principalement le centre-ville ainsi que des quartiers périphériques tels que Saint-André et Saint-Jérôme.
Lutte contre les trafics et les nuisances de rue
À l'instar de l'année précédente, les horaires de fermeture seront élargis d'une heure. Les épiceries devront ainsi fermer entre 23h et 6h du matin du dimanche au jeudi, et à minuit les vendredis et samedis. Cela inclut également des jours spéciaux comme la Fête de la Musique et les veilles de jours fériés. Cette initiative de la préfecture, initiée depuis mars 2025, vise à réduire les nuisances telles que le bruit, les attroupements ainsi que la vente de produits illégaux tels que le protoxyde d'azote.
Selon un gérant ayant récemment ouvert son épicerie, cette décision représente une perte financière significative. Il déclare : "Le travail, c'est surtout la nuit en été. Nos clients comptent sur nous pour des produits quotidiens, et je reçois continuellement des remerciements pour mon ouverture nocturne".
Malgré cette réduction de chiffre d'affaires, il se montre résolu à respecter les contraintes imposées : "Je préfère éviter les problèmes avec la police. Je fais tout pour rester dans la légalité pour ne pas avoir d'ennuis". Il critique également l'image négative que certains épiciers nocturnes ont pu projeter : "La police généralise et ça pénalise tous ceux qui travaillent honnêtement. Il ne faut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble".
Une clientèle variée mais confrontée à la législation
Les comportements des clients sont également discutables. Certaines personnes se tournent vers ces établissements pour des achats spécifiques, y compris des cigarettes à l'unité, ce qui est illégal. Une cliente explique : "J'achète à l'unité car je ne fume pas souvent". Le gérant reconnait cependant que cette pratique complique encore sa situation.
Cette nouvelle réglementation vise également à réduire les regroupements devant ces commerces, mais certains clients estiment que cela ne cible pas toujours les établissements véritables sources de nuisances. Une habituée déclare : "Ce n'est pas juste de faire payer les responsables d'activités respectables pour ceux qui font du bruit".
Les manquements à ces directives peuvent entraîner amendes ou même fermetures administratives. Selon la préfecture, 121 avertissements ont été signifiés et 25 fermetures administratives décidées depuis l'imposition de cet arrêté en mars 2025. Cette nouvelle étape montre la volonté des autorités de maintenir un équilibre dans l'espace public tout en répondant aux préoccupations des habitants.







