L'organisation mondiale a dévoilé mardi les conséquences négatives des subventions chinoises sur le marché industriel, au cours d'une conférence qui a suscité des réactions inattendues.
Lors d'une récente présentation, Mathias Cormann, secrétaire général australien de l'OCDE, a évoqué une image surprenante : « Comme le dopage dans le sport, les aides de l'État favorisent des entreprises peu productives, au détriment des plus performantes ». Une experte de l'OCDE a ajouté : « Si aucune action n'est prise face aux distorsions sur les marchés internationaux, tous les acteurs vont surpayer leur soutien industriel, rendant impossible d'assurer la résilience et la compétitivité ». Selon un rapport [de l'OCDE](https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2026/05/quantifying-industrial-strategies-across-20-oecd-countries_9366b253/f365e6f5-fr.pdf), la Chine est identifiée comme un acteur majeur générant ces distorsions dans une quinzaine de secteurs clés.
Entre 2005 et 2024, les entreprises de l'empire du Milieu ont bénéficié d'un soutien public trois à huit fois supérieur à celui des sociétés des 38 pays membres de l'OCDE. Ce chiffre, précisé par l'organisation, reste conservateur et repose sur une base de données robuste nommée « MAGIC » (Manufacturing Groups and Industrial Corporations).
Un impact sur les prix mondiaux
L'OCDE a analysé les rapports financiers de grandes sociétés de secteurs essentiels tels que l'aéronautique, l'aluminium, l'automobile et bien d'autres. « Ces données ont été partagées de manière confidentielle avec les gouvernements membres, mais pour la première fois, une version agrégée a été publiée », explique un autre expert, ajoutant que le soutien aux industries a atteint un sommet historique de 108 milliards de dollars en 2024.
D'après les constatations, les entreprises chinoises dominent l'industrie manufacturière mondiale, bénéficiant elles aussi d'aides directes, d'allègements fiscaux, ou de prêts à taux réduits offerts par des institutions financières d'État. « Ces subventions leur permettent d'investir plus facilement dans de nouvelles installations, de gagner du temps avant d'atteindre la rentabilité et d'être plus résilientes face aux crises », précise un spécialiste de l'OCDE.
Ces aides ont également engendré des surcapacités dans certains secteurs, faisant chuter les prix à l'échelle mondiale, ce qui nuit à la concurrence internationale.
La suprématie chinoise due aux subventions
Dans des domaines comme le solaire et les semi-conducteurs, le soutien public représente jusqu'à 3 % du chiffre d'affaires des entreprises sur la période de référence. Ce soutien façonne les marchés mondiaux, permettant aux firmes chinoises de conquérir de larges parts de marché dans des secteurs comme les panneaux solaires et la construction navale.
Selon l'OCDE, « Près de 60 % de l'augmentation de parts de marché des entreprises chinoises entre 2005 et 2024 peut être attribué aux subventions ». Ce constat souligne que leur succès n'est pas seulement dû à la qualité, mais surtout à ces soutiens financiers sans précédent.
Bien que les pays comme l'Allemagne, la France ou les États-Unis tentent de soutenir leurs propres industries, les différences de conditions rendent cette tâche presque impossible. Un expert de l'OCDE conclut : « Ce défi requiert une coopération internationale ; il ne peut pas être résolu isolément ».
Lire aussi







