Les Français gardent une forte attache à leur droit aux cinq semaines de congés payés. Pourtant, une étude menée par Verian pour Airbnb révèle que 20 % d’entre eux ne profitent pas de l’intégralité de leurs jours de repos. Ce constat attire l’attention sur une proposition de loi présentée par le député LR Éric Pauget, qui souhaite autoriser la monétisation de ces jours non utilisés.
Avec l’été à l’horizon, cette étude met en lumière un paradoxe : bien que les congés soient perçus comme un acquis social fondamental, de nombreux salariés, surtout parmi les jeunes de 18 à 30 ans, évoquent des difficultés à prélever leurs jours. En effet, près de 45 % de cette tranche d’âge reconnaissent rencontrer des obstacles dans la prise de vacances, souvent poussés par des raisons financières ou des contraintes professionnelles.
Pourtant, il est essentiel de noter que près d'un quart des personnes interrogées affirment ne pas avoir les moyens de partir, préférant travailler. D’autres repoussent leur départ par crainte d’imprévu ou de responsabilités au travail, ce qui renforce l'idée d’une réforme urgente.
Une réforme pour plus de flexibilité
Confronté à ce dilemme, Éric Pauget avance que sa proposition, qui nécessiterait un accord entre l’employeur et le salarié, permettrait non seulement d’éviter la perte de jours de congé, mais aussi d’améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs. Selon ses propos relayés par RTL, environ 20 à 30 % des salariés ne bénéficient pas de leur droit aux congés payés chaque année.
Cependant, cette mesure suscite des débats. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, qualifie l’initiative de "scandaleuse" sur BFM Business, argumentant que cette décision risque d'aggraver des problèmes de santé et de conditions de travail déjà préoccupants.
Le ministre du Travail, quant à lui, souhaite renvoyer la discussion vers un dialogue social. Sur France 2, Jean-Pierre Farandou a affirmé l'importance d'un consensus entre partenaires sociaux avant toute avancée sur cette législation.
Un précédent historique
Cette proposition de transformation des congés non pris en salaire n'est pas sans précédent. En 2025, Astrid Panosyan-Bouvet, alors ministre du Travail, avait également suggéré la possibilité de monétiser la cinquième semaine de congés payés, ce qui avait alors suscité de vives réactions de la part des syndicats.







