Le procès d'un homme accusé d'agression sexuelle s'ouvre ce vendredi 12 juin 2026 à la cour criminelle de Vaucluse, dans le tribunal d'Avignon. Les événements en question ont eu lieu en décembre 2018 à Grillon. À l'époque, la victime, Mary Taboni, n'avait que 14 ans. Aujourd'hui âgée de 22 ans, elle déclare que son agresseur, qui vivait chez son père, lui a infligé un viol sur le canapé pendant plus d'une heure. L'accusé, par l'intermédiaire de son avocate, affirme ne pas se souvenir des faits. Mary, quant à elle, a demandé la levée du huis clos pour que le procès soit public.
Le récit de la soirée
Mary se rappelle très bien du soir du 9 décembre 2018 : "Je dis souvent que lui, il peut risquer 20 ans de prison, mais moi j'ai pris perpète", confie-t-elle. À l'époque, après une soirée chez des amis, elle restait seule sur le canapé lorsque son parrain, rentré une heure plus tard, a commencé à commettre l'irréparable. "Il a commencé à m'embrasser. C'est là que le calvaire a commencé", se souvient-elle avec émotion.
Durant ce long moment d'horreur, Mary témoigne avoir exprimé son refus à plusieurs reprises, mais l'accusé a continué son acte. "C'est comme si le cerveau et le corps se mettaient en off", explique-t-elle, insistant sur l'impuissance ressentie face à la situation.
Un délai interminable
Après s'être confie à sa mère, Mary a porté plainte, mais a dû attendre plus de sept ans avant que justice ne soit enfin rendue. "J'en veux beaucoup à la justice", avoue-t-elle, déplorant le long processus judiciaire. Cette attente a été particulièrement difficile, entre rencontres avec des psychologues et démarches administratives. Les avocats contactés confirment l'engorgement des juridictions comme une des raisons de ces délais, notamment pour les affaires où les accusés ne sont pas en détention préventive.
Des conséquences toujours présentes
Les conséquences de cet acte sur la vie de Mary ont été désastreuses. "J'ai eu des crises d'angoisse, des terreurs nocturnes, et j'ai même tenté de mettre fin à mes jours trois fois", avoue-t-elle. L'impact psychologique persiste, elle évoque la difficulté de se retrouver face à des hommes ressemblant à son agresseur.
Une audience publique
Mary a insisté pour que le procès se déroule en public, espérant que son témoignage pourra aider d'autres victimes. "Ce n'est plus à moi d'avoir honte, c'est à lui", déclare-t-elle. Consciente que ce procès pourrait marquer un tournant dans son parcours de résilience, elle se prépare à cet affrontement avec courage.
L'accusé dit ne pas se souvenir
Alors que le procès commence, l'accusé reste présumé innocent. Son avocate a précisé qu'il ne souhaite pas faire de déclarations avant le jugement. Les enjeux de ce procès, qui pourrait potentiellement lui coûter jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, sont alors majeurs.







