La ville de Marseille est en émoi après le meurtre tragique de la collégienne Lyhanna, dont le principal suspect était déjà sous le coup d'une plainte pour agression sexuelle d'une fillette de 11 ans. Malgré cette plainte, rien n'avait été fait pendant huit mois, un silence qui, selon les experts, est emblématique d'un système judiciaire en crise.
Laurence Blisson, déléguée régionale du Syndicat de la Magistrature à Marseille, alerte sur ce qu'elle qualifie de "problème systémique". Elle souligne la surcharge de travail des magistrats, évoquant que la section des mineurs compte seulement huit procureurs pour traiter plus de 4 000 affaires, soit plus de 500 par magistrat. Une situation intenable qui laisse des victimes sans réponse.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a précisé qu'une circulaire avait été envoyée aux parquets pour traiter en priorité les plaintes touchant les femmes et les enfants. Toutefois, de nombreux professionnels du droit, comme Blisson, estiment que ces directives ne sont pas efficacement appliquées. En 2025, pas moins de 64 circulaires avaient déjà été produites, alors que 53 circulaires avaient été émises cette année. Cela soulève des interrogations quant à l'efficacité du fonctionnement judiciaire.
Cette affaire tragique a également éveillé un vif débat au sein de la société française. Les conséquences sur la vie des familles touchées et l'impact d'une justice perçue comme inefficace interrogent la confiance du public envers les institutions. Les manifestants appellent à des réformes substantielles pour garantir une meilleure protection des plus vulnérables.
Le drame de Lyhanna rappelle la nécessité d'améliorer les procédures judiciaires et d’accorder une attention prioritaire aux plaintes. Il s'agit d'une question de dignité et de sécurité pour tous, surtout pour les plus jeunes.







