Alors que l’épreuve tant redoutée de philosophie du baccalauréat 2026 a pris fin ce lundi, une question brûle les lèvres : les intelligences artificielles pourraient-elles réussir là où tant d’élèves redoutent l’échec ? Les sujets de dissertation portaient sur des thèmes philosophiques profonds : « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? » et « Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? »
Des élèves néophytes, tout en se préparant, ont peut-être envisagé d'utiliser une IA générative pour composer leur dissertation. Nous avons fait appel à trois IA, dont Claude, ChatGPT et Gemini, pour rédiger une introduction et une conclusion, tout en fournissant un plan détaillé, le tout évalué par Ruben Salmon, enseignant de philosophie à Aix-Marseille.
Pour ce faire, nous avons proposé le prompt suivant : « Vous êtes un élève français et devez composer l’épreuve de philosophie. Rédigez une introduction et une conclusion, ainsi qu'un plan détaillé pour chaque partie. » Une méthode audacieuse, mais révélatrice de la capacité de ces IA.
Ruben Salmon note une différence de qualité dans les dissertations produites par les machines. Pour lui, « les intelligences artificielles ont globalement bien performé, en particulier sur le sujet portant sur le bonheur, un thème familier aux élèves de terminale. Le second sujet, axé sur la parole, offre davantage de latitude. »
ChatGPT, modèle basique - 11,5/20
En examinant le travail de ChatGPT, Ruben conclut : « C’est très construit, mais il semble que l’IA ait fourni un service minimum avec peu de contenu substantiel. » La note, malheureusement, ne dépasse pas 12 sur 20. Selon lui, il manque de développements critiques pour enrichir la réflexion.
Gemini modèle 3.5 Flash - 13,5/20
Pour Gemini, Ruben est plus positif : « Il exploite mieux les références à la philosophie antique et aux enfants de l’agora. » Toutefois, la copie doit encore gagner en profondeur ; il attribue une note oscillant entre 13 et 14 sur 20.
Claude modèle 4.6, effort moyen - 18,5
En revanche, Claude démontre un niveau plus avancé, et Ruben se dit impressionné par la richesse du contenu : « Le raisonnement est d’un niveau supérieur à celui d’un élève de terminale. On pourrait même le qualifier d’étudiant de première année. » Pour cette performance, il lui accorde une note élogieuse de 18,5. Claude maîtrise des concepts complexes tels que ceux de Lacan, dépassant ainsi le cadre habituel du lycée.
Ces résultats soulèvent des questions essentielles sur l’avenir de l’éducation et le rôle des IA. Selon Ruben Salmon, il serait peut-être bientôt courant d’intégrer ces outils dans les pratiques pédagogiques. « Les IA peuvent enrichir la réflexion, mais il faut rester conscient de leurs limites », prévient-il.







