Un centenaire marseillais réclame réparation pour travail forcé durant la guerre

À 104 ans, Albert Corrieri lutte pour la justice des travailleurs du STO.
Un centenaire marseillais réclame réparation pour travail forcé durant la guerre
Albert Corrieri et son avocat quittent le tribunal de Marseille le 25 février 2026. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Albert Corrieri, un centenaire originaire de Marseille, a pris la décision de se tourner vers la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour revendiquer une indemnisation de 43 200 euros, correspondant à son travail forcé dans une usine chimique allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Ce montant équivaut à 10 euros de l'heure pour la période allant de mars 1943 à avril 1945, période durant laquelle il a été contraint de travailler sous le régime du Service du travail obligatoire (STO), mis en place par le gouvernement de Vichy pour satisfaire les besoins de main-d'œuvre allemands.

Albert, qui travaillait comme plombier au Vieux-Port de Marseille avant sa réquisition, se remémore avec tristesse cette période éprouvante. Interné dans un camp de travail, il était chargé de manœuvrer des wagons de charbon, contribuant ainsi à l'effort de guerre nazi. Les conditions étaient horribles ; comme il l'a déclaré, "J'ai été traité comme un esclave, contraint de travailler sous la menace des armes, six jours par semaine, dix heures par jour, sans jamais percevoir un centime de salaire".

"La France a une dette envers moi"

En ajoutant sur son expérience, Corrieri dit : "Je crois fermement que la France me doit une reconnaissance de ce que j'ai enduré". Son avocat, Michel Pautot, a précisé que "ce combat va au-delà de la situation personnelle d'Albert ; il vise à faire reconnaître l'esclavage moderne qui a eu lieu pendant la guerre". Cette démarche, bien que tardive, pourrait ouvrir la voie à d'autres victimes du STO qui n'ont pas encore vu leur labeur reconnu.

Ce cas soulève des questions cruciales sur la responsabilité historique et la justice pour ceux qui ont souffert sous un régime totalitaire. À l'heure où il est essentiel de reconnaître les injustices passées, Albert Corrieri devient la voix de nombreuses personnes dont les histoires ont été oubliées ou ignorées. Son avocat souligne la nécessité de ne jamais perdre de vue les horreurs de l'histoire et d'en faire un rappel constant pour les générations futures.

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