Un ancien professeur de français est actuellement jugé à Gap, dans les Hautes-Alpes, pour avoir violé ou agressé sexuellement dix collégiennes âgées de 13 à 15 ans. Certaines victimes ont été soumises à des rapports dits de "type dominant/dominé".
L'accusé, âgé de 40 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire devant la cour criminelle des Hautes-Alpes. Son attitude lors des premières audiences a été remarquée, regard fixé au sol, alors que plusieurs jeunes filles, parties civiles, étaient présentes, visiblement ébranlées.
Le procès se déroule à huis clos et devrait se poursuivre tout au long de la semaine.
Reconnu coupable, il pourrait encourir jusqu'à 20 ans d'incarcération. Il doit répondre de viols sur quatre élèves, accompagnés de plusieurs circonstances aggravantes, dont sa position d'autorité. Il est également accusé d'agressions sexuelles sur six autres jeunes filles et de détention d'images à caractère pornographique de mineurs.
Les victimes, toutes d'anciennes élèves du collège de l'Argentière-la-Bessée, près de Briançon, ont courageusement décidé de s'exprimer après que plusieurs années se soient écoulées. Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat d'une des victimes, a souligné l'importance et la difficulté de cette audience : "C'est une audience qui était attendue depuis de nombreuses années".
Les jeunes femmes, qui à l'époque étaient en classe de cinquième, ont longtemps eu du mal à contester l'autorité d'un adulte, surtout celle d'un enseignant. Comme l'explique Me Elsa Ghanassia, "il y avait la perspective d'un voyage scolaire qui les inquiétait profondément; elles craignaient de ne pas être protégées dans le cadre scolaire".
Les révélations sont troublantes. En juin 2017, un élève avait signalé que l'enseignant avait effleuré ses fesses. Ce n’est qu’en février 2019 que l’enquête a véritablement débuté, à la suite de l’ouverture d’une information judiciaire.
L’enquête a constaté que le professeur, décrit comme "immature" par ses proches, se livrait à des "massages d’épaules" et à des attouchements. Le rapport de force entre lui et ses élèves était rigoureusement établi, parfois même au moyen d’un "contrat" inspiré du film "50 nuances de Grey". Ces abus auraient engendré chez certaines victimes des troubles tels que l'anorexie ou des symptômes de stress post-traumatique.
Bien que l'enseignant clame son innocence en affirmant que ces relations étaient consensuelles, la justice a établi que, compte tenu de l’âge des victimes et de la dynamique de pouvoir, elles ne pouvaient pas donner un consentement valable.
Des images pornographiques de jeunes filles ont également été retrouvées sur son ordinateur. Malgré l'interdiction d'exercer auprès de mineurs, l'ancien professeur travaille aujourd'hui en tant que moniteur éducateur dans une association pour personnes handicapées, où il est en contact avec des mineurs dans des circonstances très exceptionnelles.







