La France est confrontée à une vague de chaleur exceptionnelle, avec 49 départements placés en vigilance rouge par Météo-France. Au total, 35 millions de personnes subissent des températures extrêmes, entraînant fermetures d'écoles, retards de trains et horaires de travail modifiés.
Des records de températures nocturnes ont été observés à Tours (24,8°C) et Poitiers (24,6°C), tandis que durant la journée, les températures devraient atteindre entre 36°C et 43°C dans le pays. Une chute des températures n'est pas envisagée avant le week-end selon les prévisions.
Au total, près de 90 % de la population française est exposée à cette canicule, portant 40 départements supplémentaires en vigilance orange, une situation sans précédent dans l'Hexagone. "Un véritable cauchemar pour beaucoup", réagit un habitant de Bobigny.
Cette canicule, la seconde après celle de mai, rappelle l'intensité tragique de celle d'août 2003, qui avait causé près de 15.000 décès en France. L'intensité de la chaleur actuelle est décrite comme "exceptionnelle" par les météorologues, et sa durée reste incertaine.
Ce week-end, la préfecture de Gironde a annoncé trois décès d'octogénaires en raison des fortes chaleurs. De plus, au moins 13 noyades ont été signalées, notamment sur des plages où des baigneurs, réalisant la dangerosité de la chaleur, ont été surpris par des courants.
- "Les urgences tiennent" -
La température pèse aussi lourdement sur les sans-abri : "Si ça continue comme ça tout l'été, je ne sais pas comment on va faire", exprime Florent David dans un centre d'accueil à Bordeaux, où il cherche un moment de fraîcheur.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, assure que malgré une hausse des appels aux urgences, le système sanitaire reste sous contrôle : "Les urgences tiennent", déclarent les professionnels.
Le système éducatif est également en crise : 845 écoles et collèges sont fermés, et 1.800 autres fonctionnent avec des horaires adaptés. À Bayonne, des élèves sont accueillis dans des salons climatisés d'un stade.
Des ajustements ont été nécessaires pour le baccalauréat, avec des épreuves reportées, tandis que des milliers d'élèves devront composer dans des conditions difficiles. En Île-de-France, un fonds d'un million d'euros a été alloué pour équiper 500 lycées de ventilateurs.
- "Éviter" le train -
Les professions en plein air affrontent la chaleur sans répit : des chantiers sont autorisés à commencer plus tôt, pour éviter le pic de chaleur. Théo Ararat, peintre du bâtiment à Bordeaux, commente : "Il n'y a pas de secret, il faut s'hydrater et faire des pauses".
Le réseau ferroviaire, déjà sous pression, subit des perturbations, un train sur dix étant annulé en Île-de-France pour des mesures de sécurité. À Marseille, la région distribue des fournitures comme des chapeaux et des éventails pour aider les voyageurs.
L'assèchement des terres entraîne également un risque accru d'incendies dans plusieurs départements, les autorités s'alertant sur la situation.
Enfin, ce phénomène n'est pas limité à la France, puisque d'autres pays tels que le Royaume-Uni, l'Espagne et le Portugal subissent également les effets d'un été caniculaire. Les scientifiques soulignent que le changement climatique pourrait rendre de tels événements encore plus fréquents.
Les prévisions annonces un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici à 2050, un défi auquel le pays devra rapidement répondre.







