Dans l'enclave palestinienne de Gaza, la Coupe du monde de football est devenue une lueur d'espoir, offrant à ses habitants un élan de joie au milieu des décombres. Samih Totah, père de six enfants, témoigne de cette expérience : "Regarder un match était un moment de convivialité, un instant où il y avait encore de la place pour la vie", rapporte Al-Jazeera. Malheureusement, aujourd'hui, ils vivent dans une tente près du stade de Yarmouk, après avoir été déplacés par la guerre.
“La vie sous une tente est extrêmement difficile”, souligne Totah. Les matchs, bien qu'étant une échappatoire, sont regardés “sans joie ni enthousiasme”.
Des défis quotidiens
Pour suivre les matchs, les habitants doivent surmonter de nombreux obstacles. La pénurie d'électricité rend souvent difficile le visionnage des rencontres. Les générateurs d'électricité ne fonctionnent que par intermittence, obligeant les passionnés à se contenter de résumés. Al-Quds souligne que cela fait de ce moment un luxe inaccessible.
Beaucoup, épuisés par les luttes quotidiennes pour l'eau et la nourriture, s'endorment avant les matchs. Pour se rassembler, des cafés improvisés ont été montés avec des bâches et des toiles, offrant des écrans pour suivre les compétitions. Ces espaces résonnent encore des cris de joie, même si souvent, ces rituels sont interrompus par le fracas des avions en survol.
À la suite de ces rencontres, les spectateurs regagnent leurs tentes, perdus dans le silence nocturne, après avoir croisé des chemins dévastés, comme l’explique Al-Quds: “Des instants de joie au milieu des décombres”.
Identité footballistique transformée
Les choix des équipes soutenues par les habitants de Gaza ont évolué, reflétant les tensions géopolitiques. Les supporters se tournent vers l'Espagne, en disant que cette équipe incarne la solidarité avec la cause palestinienne. Al-Jazeera rappelle même qu'une simulation de la Coupe du monde a été organisée pour mettre en lumière les souffrances endurées.
Dans cet événement, des fresques murales ont été dévoilées, rendant hommage à des figures comme Lamine Yamal, la jeune étoile espagnole, et Pep Guardiola, qui ont tous deux exprimé leur soutien à la Palestine. Al-Ayyam rapporte que la guerre a coûté la vie à de nombreux footballeurs palestiniens, dont l'ancien international Suleiman Al-Obeid, le "Pelé palestinien".
De nos jours, les stades sont devenus des camps de déplacés. Les familles s'y entassent, tandis que les vestiges du passé s'effacent lentement sous le poids de la destruction. Une situation tragique qui contraste avec les espoirs nourris par le football. As-Safir Al-Arabi décrit la douleur ressentie au cœur même de ce qui est censé réunir les gens : le sport.







