Alors que l'Assemblée nationale se penche sur la proposition de loi consacrée à l'aide active à mourir, Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, refuse de rester passif. Dans une interview au Figaro, il ne cache pas son inquiétude face à la progression de ce texte qui pourrait être adopté définitivement le 15 juillet prochain.
L'Église catholique en guerre contre la loi sur l'euthanasie
Mgr Aveline considère la situation comme alarmante et souligne que la position de l'Église face à la législation en cours est une question cruciale de moralité. Il rappelle que notre société doit être attentive à la notion de vulnérabilité, un point de vue renforcé par des exemples troublants d'autres nations. Le cardinal évoque en particulier le cas d'un enfant de moins de 12 ans récemment euthanasié aux Pays-Bas, rapporté par Valeurs Actuelles. En 2022, la législation néerlandaise a élargi l'accès à l'euthanasie pour les mineurs, illustrant les dérives possibles de telles lois.
« Nous devons nous réveiller ! » s'exclame l'archevêque. « Depuis le Serment d'Hippocrate, on ne peut pas masquer le fait de donner la mort sous le couvert de gestes de soin », insiste-t-il.
Malgré avoir abordé le sujet avec Emmanuel Macron, le cardinal note que le président reste inflexible dans ses décisions. Même une rencontre avec le pape Léon XIV, qui a récemment rencontré Macron, n'a pas semble-t-il influencé la politique de l'Élysée. Le Saint-Père a réaffirmé dans plusieurs discours que la médecine ne devrait jamais devenir « la servante de la mort programmée ».
Avec le vote imminent de la loi, la réaction de l'Église catholique se fait sentir sur le terrain. La Conférence des évêques de France a lancé une neuvaine de prières du 21 au 29 juin, en prévision de cette décision cruciale. Parallèlement, l'association Hozana mobilise les fidèles à travers le site priepourundépute.fr.
« Nous continuerons d'agir et de parler, car prendre soin de la vie ne passe pas par donner la mort », déclare le cardinal Aveline, qui appelle à une prise de conscience autant chez les législateurs que dans l'opinion publique. Selon lui, « tout est encore possible si la raison prend le pas sur l'obstination ».
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