La France endure une vague de chaleur dramatique, entraînant des incendies d'une ampleur alarmante, au grand désespoir des habitants et des pompiers. En seulement huit jours, environ 7.800 hectares ont été réduits en cendres, contraste saisissant avec les 4.400 hectares incendiés durant tout le mois de juillet passé, selon des données fournies par le Système européen d'information sur les incendies de forêt (Effis), relayées par l'AFP.
Actuellement, 67 départements sont placés en vigilance orange. La chaleur se propage vers le nord et l'est, avec l'annonce de cinq départements additionnels à risque de canicule d'ici jeudi, comme l'indique Météo-France. Cette période de chaleur accablante pourrait persister jusqu'au week-end prochain, créant des conditions de vie difficile pour la population.
Les températures ont affolé les thermomètres, atteignant fréquemment 38 à 41°C entre l'ouest de la région PACA et le Languedoc-Roussillon. Marignane a même enregistré, pour la première fois de son histoire, 40°C, tandis que Cassis a atteint 39,7°C. Des points de chaleur records ont également été mesurés à Montpellier, Istres et Perpignan, la température la plus élevée s'élevant à 42,3°C à Villevieille (Gard), selon les relevés de Météo-France.
À Avignon, le festival international se déroule dans une chaleur étouffante, contraignant certains spectators à opter pour des spectacles en intérieur. "Nous privilégions les spectacles climatisés", confie Marie Garnier, festivalière originaire des Alpes-Maritimes, qui avoue son hésitation à se rendre à une pièce de Molière programmée en plein air.
Le directeur d'un centre d'accueil pour sans-abris à Montpellier témoigne : "Les effets de la chaleur sont visibles ; nous observons plus de fatigue et d'agitation parmi les personnes accueillies. Ce climat aggrave aussi les problèmes de santé, notamment les maladies chroniques et les addictions", confie-t-il sous couvert d'anonymat.

Cet épisode de chaleur intense est le troisième en moins de deux mois, s'inscrivant dans une série de vagues de chaleur sans précédent engendrées sans doute par le réchauffement climatique. Selon les données historiques, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur recensées depuis 1947 se sont produites après 2010.
La SNCF annonce des annulations de trains, y compris certains TGV, en raison de l'influence de la chaleur sur les caténaires, avec un quart des Intercités impactés, et un tiers des lignes Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et la Transversale Sud.
Les pompiers sont sur le qui-vive. Alors que la situation s'aggrave, un jeune pompier volontaire de 22 ans a trouvé la mort en Savoie, luttant contre un incendie dans un terrain difficile d'accès.
Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie a déjà ravagé 5.000 hectares, et le préfet a signalé une reprise du feu à Ille-sur-Têt, avec des ordres d'évacuation en cours. Dans le sud de la Drôme, les conditions sont également jugées "très défavorables". Yvan Bringard, un ancien secouriste en montagne, partage son inquiétude : "Nous voyons partout les crêtes embrasées".
D'autres incendies ont été signalés, de la Corse au Loir-et-Cher, où 400 hectares ont été détruits, marquant un incident inédit selon le préfet local. Au moins six pompiers et un gendarme ont été blessés.
Dans ce contexte, de nombreuses municipalités ont annulé le traditionnel feu d'artifice du 14 juillet, et des mesures strictes d'accès aux massifs forestiers ont été instaurées.







