Le baromètre 2026 de l'Institut Montaigne met en lumière une tendance croissante du fait religieux en entreprise. Bien que la majorité des cas demeurent peu perturbateurs, l'islam est clairement la religion la plus souvent mentionnée dans les situations d'observation.
Selon une étude réalisée sur la base de 1 927 réponses d'encadrants et 2 123 répondants parmi les salariés croyants et pratiquants, l'Institut Montaigne estime que 79 % des participants constatent des faits religieux dans leur milieu professionnel, un chiffre en forte augmentation depuis le lancement du baromètre en 2013.
L'islam majoritaire dans les situations recensées
Un des enseignements marquants de cette enquête est que l'islam est cité dans 85 % des situations de faits religieux relevées. Ce chiffre représente une montée significative par rapport aux 81 % signalés en 2024 et aux 73 % en 2022. D'autres religions, telles que le catholicisme ou le judaïsme, sont présentes, mais à des niveaux considérablement plus bas, se chiffrant respectivement à 19 % et 14 %.
Le rapport de l'Institut Montaigne insiste sur le fait que les manifestations associées à l'islam sont « plus nombreuses, variées et affirmatives » que celles des autres croyances. Le port de signes religieux associé à l'islam a ainsi notablement augmenté : de 19 % en 2022 à 50 % en 2026 selon l'étude.
Parmi ces signes, le voile islamique a particulièrement retenu l'attention. Une salariée musulmane de la grande distribution déclare à ce propos : « Je sais très bien que mon voile me rend visible. C’est aussi volontaire : je n'ai pas envie de cacher ma foi pour être plus acceptable. » Elle ressent le besoin de démontrer qu’elle est « compétente » et « intégrée ».
Des tensions en hausse, sans basculement massif
Le baromètre indique une augmentation des tensions liées aux faits religieux, avec 55 % des cas nécessitant une intervention managériale, alors qu’en 2013, ce chiffre n’était que de 6 %. Bien que certaines pratiques soient acceptées, comme les demandes de congés pour des cérémonies religieuses, d'autres comportements, tels que le refus de travailler avec des femmes, sont jugés inacceptables.
L'Institut Montaigne souligne une évolution des perceptions chez certains salariés pratiquants, une proportion significative d'entre eux prononçant une légitimité à refuser des tâches liées à leurs croyances religieuses, une tendance en hausse par rapport aux années précédentes.
Des discriminations persistantes, plus marquées pour les musulmans
Par ailleurs, un sentiment accru de stigmatisation et de discrimination émerge, avec 37 % des sondés rapportant des incidents liés à la religion, comparativement à 32 % en 2024. Bien que toutes les confessions soient touchées, les musulmans sont particulièrement affectés, notamment lors du recrutement. Près de 30 % des salariés musulmans pratiquants indiquent avoir ressenti une discrimination dans ce contexte.
Face à ces tensions, l'Institut Montaigne souligne une insuffisance des outils disponibles pour gérer le fait religieux en entreprise. Moins d'un quart des entreprises dispose de mécanismes adaptés, rendant ce sujet un enjeu de management crucial à aborder avec davantage d'attention.







