Mées, Dax, et Saint-Paul-lès-Dax… Ces dernières semaines, l'agglomération du Grand Dax a de nouveau été témoin d'occupations illicites par des gens du voyage. Ces incursions, bien qu'habituelles en période estivale, révèlent un embouteillage politique qui perdure.
Chaque été, les mêmes images reviennent : des caravanes se déplaçant sur les routes et s'installant sur des terrains, qu'ils soient publics ou privés dans la région du Grand Dax. Des événements récents dans des communes comme Mées et Dax montrent que la situation devient de plus en plus préoccupante.
À Mées, un campement sur un terrain de foot a provoqué l'annulation d'une fête, tandis qu'à Dax, une centaine de caravanes s'est installée sur un site privé, avec une expulsion prévue pour le 12 juillet 2026. Saint-Paul-lès-Dax, pour sa part, a récemment vu un groupe s'installer sur le stade du Pont-Volant, ajoutant à la tension.
"Une occupation inadmissible" déclare le maire de Dax, Julien Dubois, qui s'est rendu sur les lieux après l'installation. "Ils sont là au milieu d'un lotissement, à proximité d'un complexe sportif. J'ai demandé une intervention préfectorale pour une expulsion immédiate. Cependant, cette demande a été contestée par l’avocat des gens du voyage," explique-t-il.
La situation suit une récurrence frappante. Chaque fois, les mêmes plaintes des municipalités : face à un vide législatif, les maires se heurtent à des problèmes de gestion et d'installation. Dans un contexte où l'expulsion semble de plus en plus difficile, certains groupes de voyageurs se plaignent également de ne pas recevoir d’alternatives viables. James Lemiére, délégué régional de l'association Action grand passage, pointe du doigt : "Nous avons demandé à nous installer sur l'aire de grand passage du Grand Dax il y a six mois, mais nous n'avons jamais reçu de réponse positive. Il n'y a qu’à Dax que ce problème se pose autant."
Les autorités locales deviennent ainsi les témoins d'un dilemme, où la légalité des installations représente un combat permanent. Les commentaires des élus toussent un mélange d'impuissance et d'impatience. "Ce n'est pas que nous ne voulons pas régler ce problème, mais nous manquons de solutions", confie le maire, qui ajoute que les terrains constructibles se font de plus en plus rares.
Malgré l'existence d'une aire de grand passage à Saint-Paul, celle-ci est insuffisante, ne répondant pas aux besoins de la communauté. Les élus reconnaissent la nécessité d'une extension, mais rien n'a été fait depuis deux ans. "D'un côté, nous demandons l'expulsion pour cent caravanes, et de l'autre, nous ne pouvons même pas gérer quelques véhicules sur cette aire. Rien n'a avancé à Dax," continue James Lemiére.
Les ressentis des membres de la communauté des gens du voyage ne sont pas en reste. "Nous ne nous installons pas n'importe où. Nous avons annoncé notre arrivée longtemps à l'avance, mais les solutions ne suivent pas," explique Christophe, un pasteur membre de la communauté.
En somme, cette situation autour des gens du voyage et leurs installations illicites soulève des questions profondes sur les réponses à apporter aux besoins de population marginalisée, tout en respectant le cadre légal. Les décisions politiques dans les mois à venir seront déterminantes pour éviter une répétition de ces mêmes événements chaque été.
(1) Les préoccupations logistiques des autorités locales restent sans réponse concrète, laissant une partie de la population en attente.







