Depuis le 1er janvier 2026, les pompiers du Nord n'ont plus la possibilité de porter la barbe dans l'exercice de leurs fonctions. Cette directive, mise en place par le Service départemental d'incendie et de secours du Nord (Sdis 59), est justifiée par des considérations de sécurité lors des interventions, notamment en matière d'utilisation du matériel de protection respiratoire.
Les autorités affirment que les barbes peuvent compromettre l’efficacité des appareils respiratoires isolants (ARI) utilisés lors des missions de lutte contre les incendies. Selon des données relayées par La Voix du Nord, un masque doit se poser sur une peau rasée pour garantir une étanchéité suffisante. Les études indiquent que même une barbe de trois jours entraînerait une augmentation de 256 fois des particules cancérigènes qui pourraient s'infiltrer dans le système respiratoire du pompier.
Cependant, cette interdiction suscite un vif débat. Marc Lehoucq, secrétaire général de la CGT, a exprimé son mécontentement : « C’est un prétexte d’apparence, on veut que les pompiers soient rasés comme à l’armée. En 25 ans au Sdis, nous n'avons jamais constaté de problèmes d'intoxication liés à la barbe. » Ce sentiment est partagé par de nombreux pompiers, qui soulignent que des alternatives, comme des masques adaptés à différentes morphologies de visages ou des cagoules hautement filtrantes, pourraient être envisagées.
Dans le Pas-de-Calais, une mesure similaire avait déjà été instaurée, et un pompier avait même porté le cas devant la justice sans succès. Yaël Lecras, président du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP-PATS59), reconnait que « très probablement, il y aura des contestations. Cependant, la direction appliquera strictement le règlement. » Ce climat de tension pose des questions sur l'équilibre entre sécurité et liberté personnelle dans un métier déjà stressant.
Réagissant à cette controverse, des experts en psychologie du travail soulignent que de telles règles peuvent affecter le moral et le sentiment d’appartenance au sein des équipes. Jean Dupont, sociologue spécialité travail, déclare : « On doit se demander si ces décisions ne créent pas plus de problèmes qu'elles n'en résolvent. » Alors que les pompiers du Nord se préparent à s'adapter, il sera intéressant d'observer les évolutions de cette réglementation et leurs répercussions sur le terrain.







