Début 2015, un appartement à Nantes devient le théâtre d'une scène troublante : un désenvoûtement improvisé impliquant un adolescent de 14 ans. La famille de ce jeune, hantée par la perte de son petit frère, victime d'un accident tragique deux ans auparavant, croyait que le garçon était envoûté. Pour tenter de le libérer de cette malédiction, ils ont fait appel à un guérisseur, un nganga, venant de Centrafrique, où l'accès à des soins médicaux est souvent précaire.
Sur les quarante minutes de vidéo capturée lors de ce rituel, on peut voir des bougies allumées, des plumes étalées, et un poulet sacrifié. Cette scène, glaçante et déconcertante, met en avant les pratiques parfois très dangereuses auxquelles des familles désespérées peuvent recourir. Comme l’a souligné Le Monde, ces rituels, bien qu'ancrés dans certaines cultures, posent de véritables enjeux de santé publique.
Au centre de cette opération, le jeune garçon, alité avec des plumes autour de lui, endure des pratiques qui le blessent physiquement. Les incisions pratiquées dans sa bouche pendant que le guérisseur prononce des incantations mettent en lumière une forme inquiétante de croyance et une méfiance envers le système médical traditionnel. Les spécialistes, comme le psychologue Pierre Durand, rappellent l'importance d'éduquer sur les dangers des pratiques occultes. "Il est essentiel d'accompagner ces familles dans leur deuil au lieu de les laisser sombrer dans des croyances parfois mortelles", indique-t-il.
Trois ans après, la police a découvert cette vidéo et a conduit une enquête, aboutissant à la condamnation du guérisseur pour dommages corporels. Les impacts psychologiques sur l'adolescent et sa famille sont profonds et soulèvent des questions sur les croyances traditionnelles face à la science moderne. En écho à cette tragédie, des voix s'élèvent pour plaider pour une meilleure sensibilisation aux risques entourant ces pratiques, tant en France que dans les pays d'origine des guérisseurs.







