Le parcours de Séverine Lamielle, une chauffeuse de taxi originaire de France, met en lumière les enjeux de l'immigration dans le Japon rural. Installée à Yonago, dans la préfecture peu peuplée de Tottori, elle représente une génération d'expatriés devenus essentiels à la survie de ces régions.
Tout a commencé pour elle et son mari après un bref séjour à Kyoto, où ils ont décidé de s'installer dans cette ville côtière tranquille. "Yonago est petite, mais elle est agréable à vivre. Comparée à la ruralité française, la vie ici semble pratique et confortable, et l'air y est pur," confie-t-elle.
Bien que son intégration ait été facilitée par Kaike Taxi, l'entreprise qui l'a embauchée, elle souligne également les difficultés rencontrées par les entreprises locales pour recruter des travailleurs étrangers. Selon une enquête du Japan Times, le programme des travailleurs qualifiés pour soutenir les secteurs en difficulté est perçu comme lourd et coûteux.
Mayumi Hashimoto, consultante en immigration, souligne : "La main-d’œuvre étrangère est devenue vitale. Tottori a l'un des salaires les plus bas du Japon, ce qui pousse les jeunes Japonais à chercher du travail ailleurs. Les petites entreprises sont en danger sans cette main-d'œuvre."
Cependant, l'accueil des expatriés est aussi une question de proximité culturelle. "Les étrangers qui apprennent le japonais et interagissent avec les locaux sont généralement bien accueillis. Sinon, cela peut créer des barrières," ajoute Hashimoto. Le couple Lamielle, maîtrisant la langue, a réussi à tisser des liens avec la communauté locale, participant à des événements tels que des barbecues et des fêtes traditionnelles.
Dans un pays dont la population pourrait descendre sous les 87 millions d'habitants d'ici 2070, la présence d'expatriés comme Séverine et son mari devient cruciale. Elles contribuent non seulement à des services quotidiens, mais elle soutient également l'économie locale et donne un nouvel élan aux régions menacées par le dépeuplement.







