François Moulias, le directeur général de la Compagnie des Amandes, souhaite attirer l’attention sur un enjeu crucial : la concurrence déloyale exercée par les producteurs d’amandes californiens. Selon lui, ces derniers inondent le marché européen avec des prix très inférieurs, principalement grâce à l’utilisation de pratiques agricoles jugées injustes et nuisibles. En effet, la majorité des amandes consommées en France proviennent actuellement de Californie, une situation qui ne cesse de préoccuper les producteurs locaux.
« Les agriculteurs américains bénéficient de conditions leur permettant d'utiliser des engrais en grande quantité et d’exploiter l'eau sans restrictions majeures », déclare Moulias. Cette politique fait écho à un environnement de production où les lois encadrant l'agriculture sont moins strictes que celles en vigueur en Europe. À titre de comparaison, la réglementation française impose des limites sur l’utilisation des ressources naturelles, visant à favoriser des pratiques durables et respectueuses de l’environnement.
« En France, nous cherchons à concilier rentabilité économique et respect de l'environnement », ajoute-t-il. Cette approche vise à offrir une rémunération juste aux agriculteurs tout en préservant les ressources. La Compagnie des Amandes a donc décidé de porter l’affaire devant l'Autorité de la concurrence pour dénoncer cette situation, qu'elle considère comme un dumping environnemental.
La question des amandes ne se limite pas à un simple différend commercial ; elle soulève aussi des réflexions plus profondes sur les enjeux de la durabilité et de l'éthique dans le secteur agricole. Cet appel à la vigilance est soutenu par différents acteurs du milieu, qui plaident pour des pratiques plus équitables et un soutien accru à l'agriculture locale.
Cette préoccupation est partagée par d'autres experts du secteur. Selon un rapport publié par le Ministère de l'Agriculture, les disparités entre les pratiques agricoles en Europe et aux États-Unis pourraient entraîner une crise de confiance parmi les consommateurs et nuire à la réputation de l'agriculture française à long terme. Face à ces défis, les acteurs du secteur devront travailler ensemble pour garantir une agriculture durable et juste.







